Tout ce que l'on gagne quand l'éclairage public devient durable...

Publié le par CAP 21 Auvergne



article de Bérangère Lepetit par le 24 mai 2007 dans le Journal de l'Environnement



«La juste lumière, là où il le faut, quand il le faut, et au meilleur coût». (…) Ambiance, convivialité des espaces, image de la ville : la lumière ne doit plus seulement sécuriser l’espace urbain mais le mettre en valeur et améliorer le cadre de vie des habitants. Dans une logique de rejet du fonctionnalisme des années 1980, les gestionnaires de l'éclairage prônent aujourd'hui une plurifonctionnalité de l’éclairage, plus respectueux de l’environnement.


Au salon Global city sur la «ville durable», organisé à Lyon du 14 au 16 mai dernier, il était également question d’«éclairer mieux en économisant plus», tout en luttant contre la pollution lumineuse. A la fin des années 1980, ce sont les astronomes qui ont commencé à parler de la nuisance lumineuse en signalant que l’éclairage des villes pouvait gêner leurs observations. Depuis quelques années, les études se succèdent pour démontrer que l’éclairage urbain a également un effet néfaste sur la faune et la flore (1).

Selon les chiffres de l’Ademe, l’éclairage public représente en France 8 millions de lampes, mais aussi et surtout 18% des consommations d’énergie des collectivités et 23% de leur facture énergétique.

La ville de Lille (Nord) a signé en 2004 un contrat avec l’entreprise ETDE qui se charge de son éclairage public. Objectifs: éclairer la ville via 25% d’énergies renouvelables et faire 40% d’économies d’énergie grâce à l’utilisation de lampes basse consommation et longues durées ce qui permet d’économiser 1,3 million d’euros par an. L’argent est ensuite réinvesti dans le remplacement du parc, qui sera entièrement éco-efficace dans 6 ans.
En impliquant les citoyens dans la réflexion, la municipalité peut remplacer dans certains quartiers jusqu’à 12 lampes par une seule. « On recentre l’éclairage sur le besoin des citoyens, poursuit-elle. Parfois, il est par exemple plus utile d’éclairer la route que le trottoir ».

Toujours selon l’Ademe, les économies énergétiques peuvent être générées par le remplacement des lampes obsolètes (40 à 50% d’économie), comme par la meilleure maîtrise des temps d’allumage (7% d’économie), ou l’installation de systèmes de réduction de puissance (entre 25 et 30% d’économie). Si l’on considère que 40% du parc français est obsolète (lampes de plus de 26 ans), l’économie en énergie pourrait s’élever à 40 ou 50% de la consommation actuelle. Le programme européen Greenlight, dont Danielle Poliautre a pris la tête cette année, vise également à inciter les maîtres d’ouvrages publics et privés à engager des actions rentables d’amélioration de l’éclairage. Initié par la Commission européenne en février 2000, le réseau est actuellement fort de 350 partenaires. En France, les villes de Dunkerque (Pas-de-Calais), Lille, Bron et Lyon (Rhône), ou Illkirch (Bas-Rhin) sont de la partie.

(1) En février 2007, l’étude de deux chercheurs canadiens, Baker et Richardson, démontrait que la pollution lumineuse avait des effets sur le rythme de vie des serpents et des grenouilles qui vivent à proximité des villes."
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