L'Ours et le chien

Publié le par CAP 21 Auvergne



S’il n’y avait quelques morts régulières causées par les chiens dits d’attaque ou de défense (!) type pitbull, rodweiler et autres… on entendrait seulement parler de l’Ours. Nous serions bien convaincus que c'est l'Ours le problème… même si c'est un problème qui concerne 1% de la population française...

L’animal sauvage, libre de se déplacer sans intervention humaine, réfugié en haut des pyrénées au nombre de 20 spécimens, qui tue 2% environ des moutons ou brebis qui meurent chaque année, voilà un sujet que les médias semblent apprécier. .

Les 81.000 chiens dangereux qui vivent dans les villes, enfermés du matin au soir dans une cave ou sur un balcon, qui côtoient chaque jour des dizaines de passants sur lesquels ils peuvent se jeter sans prévenir… ça ce n’est pas le problème ni un sujet digne d’intérêt.
Sauf parfois lorsqu’il y a un mort.
Ces chiens auraient tué vingt huit fois en 10 ans, selon SOIR 3 du 26 août. Ce sont en général des enfants ou des personnes âgées qui trépassent, non des brebis. Mais on nous parle que de l'Ours.



Sommes nous bien dans la juste mesure ? Est-ce le bon ordre des priorités ? Quelle est cette société qui se fait attaquée par les chiens et qui a peur de l’Ours ?!

La réaction de la SPA (au décès de la petite fille Maélyne) ajoute encore à la confusion collective. Sa présidente, Caroline LANTY, a déclaré craindre que « des décisions hâtives soient prises sous le coup de  l'émotion(...) Il est important qu'une véritable  politique de moralisation du commerce des animaux de compagnie soit menée, en  parallèle à une action de sensibilisation auprès des maîtres ou futurs maîtres ».

Et pourquoi pas une politique pour moraliser les chiens Mme LANTY ? Après tout, c’est peut-être nous qui ne savons pas les comprendre, ces pauvres bêtes…
Je me demande ce que défend la SPA?


Quand on voit le résultat du programme de réintroduction de l’Ours dans les Pyrénées, on en viendrait presque à souhaiter la même chose pour les chiens d’attaque… Bientôt les chiens dangereux ne seraient plus que 20, et nous aurions éradiqué ce fléau urbain… comme nous l'avons fait pour l'Ours dans les montagnes.
Espèce menacée de disparition, notre mauvaise conscience lui accorderait la majuscule à titre de dédomagement. On écrirait alors le Chien... et puis, quelque temps plus tard, feu le Chien. Il serait alors parfaitement humanisé.


Alexis MONJAUZE
 

Publié dans Billet

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