Barrage de POUTES : la BIODIVERSITE sacrifiée pour l'ENERGIE ELECTRIQUE?

Publié le par CAP 21 Auvergne

Alors que la concession du barrage de POUTES à MONSITROL d’ALLIER a expiré depuis le 1er janvier, EDF continue de produire et vendre de l’élelctricité. Si cela est légal puisque prévu dans le contrat entre l’Etat et EDF, cette situation exprime la confusion profonde qui entoure l’avenir de l’ouvrage et celui du haut Allier.

Les multiples reports de la décision, depuis la fin de l’enquête publique en août 2006, attestent bien de l’embarras des autorités et du préfet de Haute-Loire.
POUTES divise même les écologistes, car il porte deux enjeux environnementaux contradictoires.

Si l’on considère le renouvellement de la concession sous l’angle ENERGETIQUE, on dira que POUTES contribue à réduire l’effet de serre. Même modeste et équivalente au récent parc éolien d’ALLY, il est indéniable que cette hydro-électricité a un effet bénéfique car elle accroit la part des renouvelables dans notre bouquet énergétique.

Par contre si l’on considère les nombreux effets négatifs de POUTES sur la BIODIVERSITE et la ressource en EAU, tels qu’ils ont été relevés par de très nombreuses études, il est certain que l’ouvrage est une catastrophe écologique. Il a déjà fortement contribué à la stérilisation du Haut Allier, faune et flore. Il est avéré que les pêcheurs extrayaient plus de 100.000 saumons par an à MONSITROL dans les années 1920. Aujourd’hui, on dénombre 50 à 150 poissons PAR AN qui passent le barrage grâce à des ascenseurs à poissons ( !).


CAP21 considère qu’on ne peut décemment reconduire la concession et priver pour encore 10, 20 ou 40 ans le Haut Allier d’un écrin naturel et sauvage remarquable, lequel est un atout majeur pour son développement économique.

D’u point de vue environnemental, il est clair que le barrage de POUTES est un dossier où les enjeux de BIODIVERSITE l’emportent sur les enjeux ENERGETIQUES (sur ce blog, nous l'avons d'ailleurs classé dans la catégorie "l'EAU en Auvergne" et non dans la catégorie "ENERGIES RENOUVELABLES")
Mais il en va de même sur le plan économique : le barrage empêche le développement de la ressource naturelle et donc celui du Haut Allier. Il y a 100 ans, les pêcheurs au saumon venaient de toute l’Europe.

Ceci peut redevenir une réalité d’ici 20 ans. Mais seulement si l’on agit tout de suite, que l’on ôte le barrage de MONISTROL, qu’on prévoit le repeuplement des frayères.
Sans POUTES, l’usine de MONISTROL produirait encore la moitié de ce qu’elle porduit aujourd’hui par deux retenues sur des affluents, complémentaires du barrage.


La modeste production électrique du barrage de POUTES (équivalente à 20.000 habitants) vaut-elle la peine de sacrifier :

* le retour au bon état écologique de l’eau (comme l’impose la directive européenne et la loi sur l’eau française)
* l’accroissement de la bio-diversité et de la démographie fluviale
* l’amélioration et préservation de la ressource en eau
* le développement d’une économie « relocalisée » basée sur les ressources naturelles locales (tourisme, pêche, sports d’eaux vives, bois, énergie, salmoniculture, petite industrie et artisanat de la forêt, du bâtiment etc…
* l’autonomie écologique et économique d’un territoire les plus sauvages et reculé de France?


CAP21 appelle les pouvoirs publics, les ministre de l’environnement, du tourisme et de l’industrie à prendre une décision favorable, et au plus tôt, à LA BIODIVERSITE et au développement économique de l’une des régions les plus sauvages de France.

Publié dans l'EAU en Auvergne

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Alexis Monjauze 07/03/2008 21:37

Oui, vous avez raison : Naussac est un grand perturbateur de l'écuilibre écologique en amont de l'Allier.Cependant, vous dîtes aussi qu'il a permis l'arrivée des perches et du brochet. Il n'y en avait pas avant?Pour ce qui concerne Poutès, je vous rappelle quand même que sa principale nuisance, en ce qui conerne le saumon, c'est qu'il se situe dans une zone de frayères. Or il reste 10 à 20% de l'eau dans ces frayères en amont de Poutès, et celle qui sont en aval sont en partie inondées...Je ne crois pas que ces arguments soient assibilables à du n'importe quoi comme vous l'écrivez...A suivre...Alexis Monjauze, CAP21 AUvergne

Stef 06/03/2008 16:47

Bonjour,Je voudrais juste vous faire une petite réflexion concernant votre article sur le barrage de Poutès et "ses effets négatifs sur la biodiversité".Dans un premier temps Poutès se situe sur la partie basse du haut allier (sachant que l'Allier remonte jusqu'en lozère et comporte en amont encore près de 80km de rivière). Ce qui a engendre effectivement des modification mais celles-ci se situent principalement en aval.La deuxième chose et qui est essentielle c'est que la modification de la biodiversite en amont n'a pas été modifié par Poutès (chose qui est impossible, à part pour le saumon qui arrive malgrès poutès à passer grace à l'ascenseur) mais par NAUSSAC qui est la pire chose qui a été faite pour la Biodiversité. En effet ce dernier a permit le développement de la Perche et plus récenment du Brocher !!!Malheureusement Naussac n'est pas construit sur la rivière Allier et personne n'en parle.Malgrès tout, nous habitant sur place c'est ce que nous avons pu constater et subir.Alors pour ou contre Poutès cela n'est pas le problème mais il ne faut pas dire tout et n'importe quoi.Merci, meilleures salutations.

Pierre 21/01/2008 10:42

oui, les anti éoliens sont très très peu nombreux.voir l'article de zoom43 ce matin :http://zoom43.fr/actu/ACT_detail.asp?strId=15961

SjRodier 12/01/2008 00:00

Au delà du problème du barrage de Poutes, cette affaire pose la difficile question "les énergies propres sont-elles écologiques ?".Même pour les énergies renouvelables, l'équation coût/avantage écologique est particulièrement difficile à résoudre.L'installation de barrage hydro-électriques empêche la poursuite des migrations des poissons et transforme souvent l'aval en désert halieutique, tour à tour envasé ou recuré.La combustion du bois produit beaucoup de CO2 et son transport consomme du gazole.Enfin la plupart des projets de parcs éoliens se heurtent à de véritables levées de boucliers.En AUvergne cette question est d'actualité et j'aimerais bien avoir votre avis sur le sujet.

CAP 21 Auvergne 21/01/2008 10:35

Bonjour SimonJe partage vos remarques : n'est pas forcément écologique toute source renouvelable. Cela dépend en grande partie du contexte : brûler du bois dans une région où il est abondant est cohérent. Mais s'il faut le transporter sur des centaines ou des milliers de kilomètres il n'est plus écologique du tout.Cette absence de recettes toute prêtes est une chance : cela signifie que chaque pays, chaque région dispose de ses propres atouts et qu'il lui suffit de bien les reconnaître pour s'en servir.La région de Haute AUtriche est 100% autonome en éngergie depuis deux ans : elle utilise ses ressoruces locales : bois, biogaz de lisiers ou de déchets verts, solaire thermie et photovoltaïque, un peu d'éolien.Ce qui est enthousiasmant c'est qu'il faut être que les territoires prennent eux-mêmes en main leurs projets pour parvenir à ces résultats. Cela signifie que l'action politique a un rôle et une responsabilité immense à jouer!!!Pour ce qui concerne les éoliennes, je trouve en général que les paysages et elles se marient bien mieux que les centrales nucléaires o les lignes hautes-tensions. XCertains sites sont sans doute  à préseerver, mais les anti-éoliens me semblent bien trop sectaires pour être honnêtes!Alexis Monjauze