Municipales au PUY en VELAY : les enjeux de l'économie relocalisée ne sont pas perçus par les candidats, selon Alexis MONJAUZE

Publié le par CAP 21 Auvergne


Après notre retrait de la course aux municipales, j'ai participé aux rencontres que LE PUY EN MOUVEMENT a organisées avec les listes restant en lice. Nous avons eu la chance d'entrer dans le détail des programmes avec les candidats qui nous ont tous reçus très cordialement. Arlette ARNAUD LANDAU était entourée de 3 colistiers et Laurent WAUQUIEZ de 5. Ceci nous a permis d'échanger avec les proches collaborateurs des têtes de liste.
Nous avons abordé quelques points clefs au Puy : les déplacements, l'économie verte, l'offre culturelle et touristique, les impôts locaux.
Les comptes-rendus synthétiques de ces échanges sont en ligne sur le blog lepuyenvelay2008.com, édité par LE PUY EN MOUVEMENT. J'invite les ponots qui s'interogent encore sur leur vote à les lire. Ils y trouveront peut-être des réponses ou des indices...

C'est une chance indéniable pour la ville du Puy en Velay d'avoir deux "poids lourds" politiques sur la scène locale. CA devrait permettre, en théorie, de "fluidifier nos relations" avec les partenaires financeurs que sont l'Etat, la région, le conseil général... Je note que leurs idées et leurs programmes ne sont pas foncièrement opposés. Quelques nuances sur les piscines ou le stationnement, des différences de style ou d'élocution... C'est un choix qui peut faire illusion... mais il manque l'essentiel : un projet économique.

Je garde le sentiment très net que les deux principales listes sont passées à côté du sujet.
Les enjeux considérables liés à l'éco-économie (voir Ecoresp 1 et Ecoresp 2) ne sont manifestement pas appréhendés ni anticipés. Auncun des deux candidats n'a vraiment de propositions dans le domaine.

La position d'Arlette ARNAUD LANDAU prend acte de "l'amélioration de l'emploi sur le bassin du Puy" pendant son mandat, soulignant au passage les difficultés d'Yssingeaux et dans une moindre mesure de Brioude. Sans toutefois expliquer d'où vient ce résultat (des statistiques de la DRTE attesteraient de 1016 emplois créés sur 2002-2008), elle laisse entendre que l'embellie se poursuivrait si son action était reconduite. On ne change pas une équipe qui gagne en somme. Mais comment, sur quelles filières... c'est très flou.

Les réponses de Laurent WAUQUIEZ sont plus des questions que des solutions. Ostensiblement intéressé par l'économie verte lorsque nous présentions nos idées, il rebondit en parlant de développer la filière bois. Il ajoute que le bassin ponot doit devenir un pivot du développement durable. Mais comment et sur quel secteur d'activités on l'ignore... L'essentiel de sa vision économique semble plutôt qu'il souhaite mettre en place une stratégie consistant à "saisir toutes les opportunités" ou encore à "attirer des entreprises" sur notre territoire...


* * *
Tant pis si je passe pour le râleur de service, mais je trouve très insuffisant et dramatiquement pauvre leur réflexion et leur programme d'action. Ce n'est ni à la hauteur des bouleversements en cours (baril à 105 dollars, explosion des coûts des ressources naturelles, pénurie foncière et crise immobilière, assagissement de l'agriculture intensive...)
Je crois vraiment que l'équipe qui va sortir des urnes devra penser et muscler sa politique économique dès le début du mandat.


La priorité n'est plus "attirer des entreprises". Car "attirer des entreprises" revient à faire un raisonnement à richesse constante. Autrement dit, aller dépouiller d'autres collectivités de leurs entreprises, des entreprises qui existent déjà, ne produit ni croissance ni richesse nouvelle. Si tout le monde fait comme ça (et c'est le cas aujourd'hui), quand nous attraperons une entreprise ici, il y en aura une de chez nous qui sera attirée ailleurs.

C'est donc un jeu à somme nulle. Un jeu dans lequel on incite les entreprises à se comporter en électrons libres, à déménager régulièrement chez le plus offrant. Une vision pousse-au-crime.
En plus d'être à somme nulle, cette politique produit des friches industrielles... alors que les terrains sont pratiquement déjà tous construits.

Pour Le Puy en Velay, je n'ai pas envie qu'on joue ce jeu de dupe. C'est l'aveu d'un manque d'innovation et d'imagination.
J'ai envie et j'affirme qu'il est possible de DEVELOPPER des activités NOUVELLES, qui n'existent pas encore en Auvergne, voir en France.

Notre proposition parlait de saisir la chance de l'économie verte. Que d'aucun nomment "éco-économie", "green buisiness", "croissance verte" etc... Peu importe le nom.
Nous avons rendez-vous avec l'histoire des idées et des changements. Nous sommes déjà très en retard dans l'économie durable (énergies renouvelables, agriculture Bio, transports doux, éco-construction, valorisation des déchets etc...) La France, première puissance agricole, importe 66% de ses produits Bio! Pendant ce temps, en Allemagne, l'économie durable a dépassé la construction automobile (environ 1,5 millions d'emplois contre 1 million pour l'auto)

Dans le Velay, nous avons tous les ingrédients pour prendre une place de choix dans cette nouvelle économie
. Une économie en forte croissance depuis 10 ans.
Car ici nous avons les matières premières (bois, déchets agricoles, eau), nous avons les compétences (agriculteurs, forestiers, IUT chimie qui pourrait devenir IUT chimie verte, ESEPAC qui pourrait devenir l'école des emballages organiques allégés) et nous avons le potentiel (déjà plusieurs entreprises travaillent dans les domaines du bois énergie, du bois construction, du bois ameublement...)


Appuyons nous sur nos richesses locales pour faire du développement économique. Alors là, oui : nous développerons une économie durable. Non pas une économie attirée d'ailleurs, mais une économie ancrée dans notre territoire, autochtone et non délocalisable. Il faut à tout prix concevoir un développement économique endogène, dont les ressources humaines et les matières premières sont intimement liées à notre pays. Une économie qui limite ses impacts négatifs (pollution, pression foncière, maladies environementales) et contribue à la gestion raisonable des ressources primordiales comme l'eau et l'air.

Bref, il faut inventer une économie qui nous ressemble!

Publié dans Cap21 Haute-Loire

Commenter cet article

Alexis Monjauze 11/03/2008 10:58

Nicole, merci de nou faire l'honneur de votre première visite!En effet, il y aurait plus qu'une certaine logique à penser le développement de filières relocalisées sur le plan régional... Entre Haute Loire et Cantal, il y a des complémentarités qu'il vaut mieux analyser et agrémenter pour éviter des concurences inopinées qui pourraient être constre-productives.J'espère que nous pourrons en discuter avec vous un jour. Nous préparons une rencontre pour le samedi 3 ou 10 mai. Histoire de parler de ça à l'échelle de l'Auvergne.

nicole moissinac 07/03/2008 19:56

C'est curieux, et plus inquiétant qu'amusant, mais votre raisonnement sur la ville du Puy, on pourrait faire le meme en "copié-collé pour Aurillac : des micro-projets dans tous les domaines, des suivis de ce qui est déjà engagé mais...pas de vision à long terme avec une ligne directrice et tout un travail cohérent autour.Je suis d'accord avec vous sur l'inutilité de se disputer les entreprises d'un territoire à l'autre, habiller Paul pour déshabiller Jacques.On devrait à l'échelle régionale, définir les talents de chaque territoire et les exploiter au maximum, à la sauce environnementale biensurA vous, la chimie verte, à nous l'agro-alimentaire vert.On travaille sur des circuits les plus courts possibles ( de la recherche au développement , fabrication et commercialisation)On devient les meilleurs dans ce qu'on sait faire le mieux; on fait du beau, du bon, du propre et tout le monde y trouve son compte; on se complète sans se concurrencer.C'est une vision idyllique, limite utopique mais si on ne s'accroche pas à des rèves, on finira par un cauchemar...Vive les auvergnatsNicole