Agriculture mondiale : 6 dossiers qui font échec au "cycle de Doha"

Publié le par CAP 21 Auvergne

extrait de l'article publié par Le Temps le 30 juillet, suite au énième échec des négociationspour l'ouverture des marchés agro-alimentaires entre pays riches et pays émergents.


• Clause de sauvegarde. Il s'agit d'une mesure qu'un pays en développement peut prendre lorsqu'il estime que des importations massives à bas prix menacent la production locale. Les Etats-Unis et d'autres exportateurs agricoles veulent fixer le seuil à 40% de hausse des importations pour justifier une telle mesure. L'Inde le veut à 10%.

• Coton. Lors de précédentes conférences, les pays africains producteurs de coton qui subissent les effets négatifs des subventions massives payées aux producteurs américains et européens, ont obtenu des promesses pour mettre fin à cette concurrence déloyale. «Nous sommes à Genève depuis neuf jours et ce sujet n'a pas été abordé une seule fois», a déploré le ministre de l'Agriculture du Burkina Faso.

• Droits de douane à l'importation de produits agricoles. Le Japon impose des droits de douane dépassant les 100% sur l'importation de certains produits, notamment le riz. Il est question de baisser cette taxe de 70%. Pour le Japon, une telle mesure entraînerait la fin de l'agriculture indigène.

• Banane. L'Union européenne impose des taxes sur les bananes importées des pays d'Amérique latine pour protéger les exportations en provenance de ses propres pays et ceux du groupe Afrique-Caraïbes-Pacifique. Les pays sud-américains ne veulent plus de ce régime discriminatoire.

• Indications géographiques (AOC). Ce sujet ne fait pas partie du Cycle de Doha, mais la Suisse et l'UE en ont fait une priorité et veulent l'inclure dans tout accord sur l'agriculture. Il s'agit de protéger les produits spécifiques liés à une région ou à une culture (Gruyère, Jambon de Parme par exemple). Les Etats-Unis, l'Australie, l'Argentine et d'autres pays refusent d'entrer en matière.

• Anti-concentration (produits industriels). Cette clause est voulue par les Etats-Unis, l'UE et le Japon. Elle vise à interdire la protection par les droits de douane d'un secteur d'activités dans son ensemble. Les pays émergents estiment qu'elle mettrait leurs industries naissantes en danger face à la concurrence étrangère.


Sur ce dossier, vous pouvez aussi lire l'article retraçant les 7 années de discussions stériles du Cycle de Doha, toujours dans le quotidien Le Temps.

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Le 1er août, on lisait ce commentaire relativisant la portée de l'échec et surtout la nature de ces conséquences, dans Le Monde :

"Et même si Doha était présenté comme le "round" du développement, les fermiers des pays pauvres auraient pu en pâtir. Car nombre d'entre eux ont déjà un accès privilégié aux marchés des pays riches. Là, ils seraient entrés dans une compétition bien plus féroce : celle imposée par les importations subventionnées venues des pays occidentaux. Les vrais vainqueurs auraient été les laboratoires pharmaceutiques des pays riches qui auraient bénéficié de nouvelles règles sur la propriété intellectuelle.

VERS UNE GUERRE DOUANIÈRE ?

Le vrai péril est que ce raté alimente le protectionnisme à la fois en affaiblissant la confiance dans les règles de l'Organisation mondiale du commerce et en créant un climat politique favorable à l'augmentation des tarifs douaniers. Ces craintes sont bien réelles. L'échec de Doha signifie que la plupart des pays ont la possibilité d'augmenter unilatéralement les subventions si la baisse des prix des produits ou des considérations politiques le demande. Cela crée le spectre d'une guerre douanière comme dans les années 1930.

Pour autant, le commerce mondial a connu une vive expansion depuis dix ans sans parvenir à un accord sur le cycle de Doha. Et même si les pressions protectionnistes augmentent, le sentiment général reste favorable à la liberté du commerce. La vraie surprise est que le monde ait été si près d'un accord. Cela laisse la possibilité d'une renaissance de Doha avec de nouveaux dirigeants."


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