2009 : prenons le risque du dixième !

Publié le par Alexis Monjauze

Les failles de notre société sont identifiées depuis des années, voire des décennies. Il suffit de relire la prose des années 1960-70 : la lucidité d’un Ivan Illich ou d’un Emil Cioran ne laissent aucun doute sur l’issue du système industriel débridé. Le Commandant Coutsteau ou Nicolas Hulot reprennent au fond la même analyse…


Ce qui étonne n’est pas la crise dans laquelle nous entrons, mais combien nous avons été aveugles et sourds, jusqu’ici, aux messages qui nous prévenaient. J’ai bien souvent médité cette question sans trouver de réponse : pourquoi garder notre cap quand nous savons qu’il nous mène droit sur les récifs ? Serions nous tous masochistes ? Tous suicidaires ? Tous fous ?…Tous compromis ?


Indirectement, 2008 nous apporte un début de réponse réponse : tant que le danger est loin c’est comme s’il n’existait pas. Un cerveau imbibé de télé et de consommation n’a pas de temps disponible pour une mise en garde sensée. Le cerveau d’un hyper-consommateur, ne réagit qu’à la menace, qu’au contact du danger. 2008 amène une grave crise : les lignes commencent à bouger.

Salutaire la crise ?


Devenus des pions lobotomisés par une industrie-sans-éthique, seule la crise peut désormai nous faire changer. Dans une perspective de crise, plus rien n’est certain : ni repères, ni points de fuite.

Nos repères individuels actuels sont ceux d’une grande usine planétaire qui nous dicte ce que nous rêvons, ce que nous achetons et nous apprend à craindre notre propre liberté. A la place, elle nous propose le sentiment d’être libre : la voiture, le choix des produits, la communication virtuelle.

Mais ressentir notre liberté, la vivre vraiment, au risque d’être différent, cela nous fait peur. Ca nous fait peur parceque nous avons choisi la sécurité. Ou plutôt, « on » nous a choisi la sécurité. La sécurité, ça fait vendre. A l’inverse, quelqu’un de libre n’a pas besoin de grand chose. Les gens libres, c’est un cauchemar pour l’industrie-sans-éthique.


Alors pour 2009, je nous souhaite de prendre le risque d’être libre, de renoncer à la sécurité, ce rêve de vieux. Ou de banquier.

Je nous souhaite d’aller vers la liberté de notre esprit et de notre sensibilité humaine. Vers la liberté de nos goûts et de nos achats. Vers la liberté d’aimer et de transmettre. Vers la liberté d’observer la nature et faire de l‘art.


Vers la liberté de refuser les mensonges de 9 médias sur 10, de 9 politiciens sur 10, de 9 hommes sur 10.

En 2009, faisons la part belle à notre dernier dizième de vérité... On recomptera tous les dixièmes en 2010 !




Publié dans Cap21 Haute-Loire

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