Barrage de Poutès : contribution de CAP21 dans l'enquête publique

Publié le par Cap 21 Auvergne




EDF a déposé une demande de renouvellement de concession pour exploiter le barrage de POUTES à MONISTROL d’ALLIER jusqu’en 2047. L’enquête publique relative à cette demande s’est ouverte le 20 juin et sera close le 5 août 2006.


AVANTAGES / INCONVENIENTS

Le barrage a pour lui les arguments suivants :
* maintien d’un emploi environ
* écrêtage des crues de petite ampleur
* production de 53 GWh sur l’Allier et de 40 GWh/an sur l’Ance soit un total de 93 GWh d’énergie renouvelable par an
* apport financier de 350.000 euros par an prélevés par les taxes. La moitié est versée à la région et au département, l’autre moitié se répartit entre les 4 communes situées immédiatement au droit du barrage.

D’un autre côté, on connaît aujourd’hui de manière scientifique et précise les inconvénients du barrage :
* assèchement des principales frayères à poissons, saumon en particulier
perte importante de la biodiversité : plusieurs espèces du Haut Allier sont menacées d’extinction et inscrites sur les listes rouges protégées par les ZNIEFF (Zone Naturelle d’Intérêt Ecologique Floristique et Faunistique)
* baisse de la qualité des eaux en aval du barrage
* barrière quasi infranchissable (malgré les échelles et ascenseurs à poissons) pour les espèces migrantes (en montaison comme en dévalaison)
* problème non réglé des purges et des nettoyages des limons amassés derrière l’ouvrage
* aggravation du risque et de l’impact des eaux en cas de forte crue (centennale ou plus) puisque le barrage ne peut débiter plus de 2.000 m3/s
* pertes culturelles pour la population par l’oubli de pratiques traditionelles liées à la vie de la rivière
* privations d’activités et d’emplois nombreux notamment dans la pêche, le tourisme, les sports d’eau vive etc…


POSITION DE CAP21

Au vu des impacts négatifs reconnus et des nombreuses privations ou interdictions d’activités potentielles, CAP21 considère qu’on ne peut décemment reconduire la concession et priver pour 40 ans de plus le Haut Allier d’un écrin naturel et sauvage remarquable, lequel est aussi un atout majeur pour son développement économique.
CAP21 rejoint la position exprimée par les nombreuses associations, dont beaucoup se sont regroupées dans le collectif « Non à Poutès » et soutient également la campagne menée par WWF.


CONTRE-PROPOSITION de CAP21

Il semble que l’échéance de cette concession soit l’opportunité d’envisager un tout autre projet, de se donner une vision pour le Haut Allier, un projet de développement environnemental basé sur une culture du patrimoine naturel, de l’accueil touristique et de l’autonomie énergétique.
Ce projet de vie pour le bassin du Haut Allier peut devenir un projet économique à part entière grâce aux moyens suivants :
* démantèlement (avec intéressement d’EDF), remise en eau des frayères et du lit naturel de l’Allier
* extension du périmètre de ZNIEFF actuellement en révision sous l’égide de la DIREN et du MEDD. Il s’agit d’ajouter dans la liste des « Milieux Déterminants » le lit naturel de l’Allier et son bassin versant au même titre que le saumon (salmo salar) figure déjà sur la liste des « Poissons déterminants »
* création d’un programme énergétique local basé sur les économies d’énergies (isolation, efficacité énergétique…) sur les sources d’énergies renouvelables locales (bois, vent, géothermie, solaire) et visant l’autonomie énergétique du Haut Allier, voire même l’exportation vers des départements proches.

Ces démarches sont susceptibles d’être accompagnées par l’Etat et l’Europe, mais aussi de mobiliser les fonds locaux pour investir dans des aménagements rapidement productifs .

Ainsi pourra-t-on atteindre dans les 10 ans les buts suivants :
* retour au bon état écologique de l’eau (comme l’impose la directive européenne et la loi sur l’eau française)
* accroissement de la bio-diversité et de la démographie fluviale
* amélioration et préservation de la ressource en eau
* développement d’une économie « relocalisée » basée sur les ressources naturelles locales (tourisme, pêche, sports d’eaux vives, bois, énergie, salmoniculture, petite industrie et artisanat de la forêt, du bâtiment etc…
* autonomie écologique et économique d’un territoire les plus sauvages et reculé de France


Francis ROME, maire de BLASSAC

Alexis MONJAUZE, délégué CAP 21 AUVERGNE


Publié dans l'EAU en Auvergne

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