Hôpital d'AMBERT : une fermeture nécessaire?

Publié le par Pascal Challet

SERVICE PUBLIC EN CAMPAGNE : Fatalité ou nécessité de la modernité ?

 


La menace était sur nos têtes depuis longtemps, elle est tombée comme un couperet : la maternité a fermé ses portes le 31 juillet 2006. Les futures mamans ne pourront plus accoucher à AMBERT à partir du 01 août.


Après BRIOUDE, AMBERT ! à qui le tour ?!

 


Fatalité ou nécessité de la modernité.


Une telle annonce est toujours dure à avaler, car non seulement elle nous renvoie à la triste réalité, mais nous demandons quand vont suivre les autres annonces de ce type, fermeture du service chirurgie, de l’hôpital et d’autres services publics moins médiatiques etc.


Et pourtant est-ce inéluctable ?


Prenons le cas de la maternité d’Ambert,


Il a été recensé 135 accouchements sur une année, alors qu’il faudrait au moins 300 accouchements pour maintenir un service technique de qualité, Hors il y a sur l’arrondissement d’Ambert environ 265  naissances. (source INSEE 1999). Nous avons du mal à atteindre le seuil fatidique, de plus  certaines futures mamans préférèrent accoucher  à Clermont Ferrand ou au Puy ou Montbrison pour être certaines d’un service de qualité supérieur et pour certaines plus proche géographiquement, et nous pouvons les comprendre. Il en est de même en chirurgie, ou la plupart d’entre nous préfère les soins de grand centre médical ou de spécialiste. Nous sommes dans un état de droit et de liberté pour notre très chère santé.


N'y a t-il d’autres solutions pour préserver le minimum sur Ambert?


Il est vrai que nous sommes dans une pensée centralisatrice, de nos grands fonctionnaires bien pensant, au nom de la rentabilité, de l’efficacité on doit tout regrouper, la fermeture de l’hôpital de la maternité n’est pas rentable, cette fermeture devrait aider à mieux remplir le grand hôpital d’Estaing de Clermont Ferrand.


La maternité, l’hôpital ne sont pas des cas uniques, tout est centralisé en France : La Poste, la DDE, certains collèges de l’arrondissement risquent aussi d’être fermés, le futur incinérateur de Clermont devra absorber tous les déchets du Puy de Dôme, et donc comme les malades être transportés, alors que nous pourrions trouver d’autres solutions.


Mais non, nous devons répondre au dictat de la centralisation, de la concentration.


Pour élever Clermont Ferrand au rang de métropole européenne, il est bon ton de tout  concentrer, la santé, la production, le commerce, les services administratifs, publiques au détriment du reste du département et de l’Auvergne. Mais Clermont doit il devenir une grande métropole au milieu d’un désert ?  Satisfaire ainsi au lobbying de la route?


Messieurs les Enarques il existe d’autres solutions, en ces temps ou il est urgent de penser au futur de la planète en réduisant la pollution, ne devrait-on pas essayer bien au contraire de favoriser des pôles de vie, d’organiser les services, la production, le commerce autour de petite ville, ou ville moyenne plutôt que de continuer à tout centraliser et agglomérer la population et tous ses problèmes comme nous l’avons vécu cet hiver dans les banlieues.


Aujourd’hui nous avons des moyens modernes de communication, la maternité, l’hôpital d’Ambert ne pourrait-il pas s’organiser en réseau et bénéficier de la compétence de grand spécialistes de Clermont, par leur venue une fois par semaine et de leurs compétences le reste du temps par vidéo conférence.


Le Lycée ne pourrait-il pas proposer un diplôme après le bac (BTS ou licence) trois ans après le bac. Ce qui permettrait à Ambert de garder ou d’attirer de la jeunesse. Si
nous traitons nos déchets, plutôt que des les envoyer à l’incinérateur nous maintiendrons des emplois.


La valorisation du bois en énergie est une autre piste. Les scieurs de notre région envoient les copeaux de bois dans le sud ouest, ou le centre de la France, alors que nous chauffons au fuel, que nous faisons venir de très loin. N'y a-t-il pas la aussi  des incohérences ?


Il est urgent de repenser aménagement du territoire et non plus déménagement permanent des populations, pour l’éducation, le travail, la santé, le commerce. En favorisant les pôles de proximité et non plus la concentration urbaine ou le gigantisme chasse les valeurs humaines.  Notre capitale régionale pourrait devenir une métropole européenne non plus au milieu d’un désert, mais au contraire être l’axe principal d’un réseau de villes moyennes, dynamique et vivante.


Mais ceci implique une véritable révolution de la pensée unique centralisatrice des nos chers énarques, qu’ils soient au service des politiques de gauche comme de  droite, car ils sont formés sur le même moule.


Nous devons  leur montrer un autre cheminement de pensée, car ils sont trop pétris dans leur certitude, leur démontrer par nos actes de tous les jours, qu’il existe d’autres solutions et surtout l’année prochaine n’oubliez les urnes un autre acte citoyen.




Article paru dans La Gazette Marsacoise
rapporté par
Pascal CHALLET

Publié dans Cap21 Puy de Dôme

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