L'intéressant parcours du parti radical et de Christiane TAUBIRA

Publié le par Alexis MONJAUZE



Suite au vote de son assemblée générale en novembre, le Parti Radical de Gauche (PRG) a finallement décidé de ne pas présenter de candidat à la présidentielle. Christiane TAUBIRA ne sera donc pas en lice cette fois-ci ceci afin de laisser le champ libre au PS (elle avait fait un score de 2% en 2002). Un genre de "petits accords entre amis" qu'on qualifierait de compromissions s'il n'y avait eu le 21 avril 2002...

Mme TAUBIRA est une femme de convictions, elle l'a prouvé tout au long de son parcours. Régulièrement invitée de RIPOSTES, j'ai découvert grâce à elle l'importance de nos DOM-TOM, l'étendue du domaine maritime français (le 4e au monde!) et les immenses ressources qu'il recèle. J'ai également appris à travers elle l'histoire de l'esclavage en France et la consistance de la loi qui porte son nom reconnaisant que l'esclavage a été un crime contre l'humanité... Bref, même si je n'aprouve pas tout je reconnais dans son action une contribution majeure à notre république. Qui plus est, Christiane TAUBIRA a axé sa campagne sur l'intégration des minorités par la laïcité, enjeu et valeur communs avec CAP21...

En visitant le blog de Mme TAUBIRA, mais aussi les blogs du parti et de ses principales figures, j'ai re-découvert l'histoire du Parti Radical. Un parti intermédiaire entre droite et gauche dominant la vie politique de notre IIIe république et toujours vivant plus de 105 ans après sa fondation, même s'il n'a plus qu'un rôle mineur sur l'échiquier politique.

C'est un mouvement centriste, social et rationaliste. Il propose une vision spécifique de la société fondée sur la primauté de l'individu. La profession de foi du radicalisme est composée de cinq points : "Laïcité, Solidarité, Humanisme, Tolérance, Universalisme ".
Parmi les grands personnages qu'il a compté, on trouve ALAIN ou MENDES-FRANCE.

En 1972, il se scinde en deux partis : le PRG satelisé par le PS et le Parti Radical Valoisien (PRV) aujourd'hui intégré dans l'UMP.

Les leaders des deux partis radicaux sont porteurs encore aujourd'hui, de cet équilibre entre les idées de gauche et de droite, ce qui fait penser qu'ils ont tous deux gardé leur démarche centriste.

Dans un contexte où l'on cultive de fausses différences entre droite et gauche, les deux partis radicaux, absorbés par leur grand frère respectif, sont réduits à jouer les sbires et demeurent illisibles du grand public. Dommage.


Quand les valeurs, les analyses et les projets du parti radical paraissent si proches de CAP21, à l'exception notable de la question climatique et environementale, on se demande à quoi ça peut bien servir d'avoir des mouvements différents? A quoi bon multiplier les partis s'ils disent et proposent sensiblement la même chose?
Comment se fait-il que les deux partis radicaux se rapprochent du PS ou de l'UMP alors qu'ils paraissent avoir plus de points communs avec CAP21 ou avec l'UDF? Les quelques sièges qu'on leur a promis remplaceront-ils les bienfaits d'une nouvelle coalition au centre? Peut-on raisonablement attendre un renouveau de la politique avec d'aussi vieux machins que le PS et l'UMP ?

Alexis MONJAUZE


Publié dans Elections 2007

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