Le paysage politique français change

Publié le par Alexis Monjauze


Ce premier tour a respecté la logique des plus forts : ce sont les candidats des deux plus grands partis qui sont au deuxième tour. J'aurais aimé bien sûr voir François BAYROU passer ce cap. Mais c'était un peu utopique d'y parvenir d'un coup.
La voie ouverte à un autre parti non pas "ni de gauche et ni de droite" mais plutôt au-delà des idéologies de droite et de gauche, donnera plus de relief à la politique française. On peut logiquement demander pourquoi la politique serait réduite à deux et non trois ou quatre visions principales? Il y a tant de décisions de nos vies où nous disposons de plus de deux choix! Pourquoi serait-ce différent pour la politique? Ceux qui nous affriment qu'on ou blanc ou noir ne font-ils pas du "simplisme"?


Un nouveau point cardinal

Nous voulons voir sur pieds une troisième force, une nouvelle composante dont la vocation sera de rivaliser au niveau des deux grandes existantes. Cela n'est pas utopique : beaucoup de français se fichent de savoir s'ils sont de droite ou de gauche! Ils ne se sentent pas à l'aise enfermés dans une case, ils savent très bien qu'ils ont un peu des deux plus d'autres choses encore.

Mais pour eux, le plus important c'est l'état d'esprit : choisir et assumer un une société multipolaire. Assumer cela, c'est vivre l'ouverture aux idées des autres, la liberté de penser en dehors des dogmes d'une idéologie, d'un chef ou d'un parti, de se baser sur une approche pragmatique tirée de l'expérience... La fertilité aussi : un débat à deux devient vite stérile. A trois, ou plus, il se créé une émulation, une concurence propice au débat et aux avancées.

A cette valeur s'ajouterait celle du changement de nos institutions : limitation des mandats, non cumul, loi sur les actions de groupe, sur le référendum d'initiative popuplaire, réorganisation et réduction du nombre des collectivités (départements dans les régions, communes dans les intercommunalités), véritable indépendance de la justice, moralisation de la vie politique etc...

A celà s'ajoute le défi majeur du siècle que nos amis de l'UDF n'ont pas encore  intégré dans leurs discours, visions et projets : endosser le défi de l'environnement.


La nouvelle écologie : une chance pour l'emploi et pour l'économie

L'écologie a changé. Nous n'en sommes plus à l'écologie de nos parents, celle des hippies, de la bougie, du retour à la terre "gardarem lou larzac". L'écologie aujourd'hui est une affaire planétaire de ressources naturelles, de renouveau économique, de santé publique... et de très gros lobbys industriels.
Nous devrions tous savoir que dans un monde aux ressources limitées il est de l'intérêt de tous de gérer nos ressources, ne serait-ce que pour des raisons économiques.

Les énergies propres, l'agriculture respectueuse des ressources, la réduction et la valorisation des déchets et l'écohabitat représentent des gisements économiques considérables. Investir aujourd'hui dans ces domaines représente entre 300.000 et 500.000 emplois sur 5 ans. Et ce sont des investissements malins car ils génèrent moins de dépenses quotidiennes pour demain : moins d'eau, moins d'énergie, moins de CO2, moins de maladies...
Nous avons déjà étudié que le développement de cette reconversion représentait 20.000 emplois en Auvergne en 10 ans, soit 4% de la population active (voir cet article de 2005)

En Allemagne en 2006, le secteur environnemental emploie plus de monde que l'industrie automobile! La reconversion de notre économie du gâchis en une économie de l'efficacité va génèrera une part énorme d'activité. Mais peut-être plus important encore, elle remettra la France dans les rails de l'innovation et des nouvelles technologie environnementales.


Combien de points cardinaux pour la politique en France?

Voilà comment je vois ce nouveau pôle, cette troisième force : ouverte sur le monde, tournée vers demain, attachée au libre échange et à la sociale économie, inspirée par une exemplarité de l'occident en matière climatique.

Au-delà de trois grands partis principaux, il est possible que l'époque ne soient plus aux innombrables petits partis. Après le séisme du 21 avril 2002, le paysage pourrait tendre peu à peu vers 5 ou 6 partis : les trois grands, et trois autres petits situés aux extrêmes.

Publié dans Elections 2007

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