Aurevoir Lhasa, bonjour beauté

Publié le par Alexis Monjauze


Nous avons perdu aujourd’hui 4 janvier une chanteuse rare, Lhasa de Sela. Mexicano-américaine, elle faisait danser sa voix rauque et sensuelle en espagnol, en français, en anglais. Elle a eu le temps de composer trois albums en 12 ans de carrière. Elle nous a fait vibrer et le fait encore ce soir quand nous l’écoutons.

La beauté n’a pas d’âge. Pour parler à notre âme, elle nous transperce. Elle brise nos carapaces. La beauté est bonne.

Aujourd’hui naît certainement quelque part une personne qui deviendra ce genre d’artiste. Il y en aura toujours ; nous ne pourrions nous passer d’eux ni eux de nous. Plus il y a de carapaces, plus il y a des artistes pour nous transpercer. Pour ne pas devenir des crocodiles. Pour attendrir la peau. Pour consoler le monde.


Pourquoi les hommes et les femmes engagées en politique escamotent-ils systématiquement l’art et la beauté de leurs propos ? Nous avons pourtant tous un cœur et une âme... mais savons nous nous en servir ?…


Les « gouvernants » (politiques, technocrates, journalistes…) oublient eux aussi que nous sommes des sujets, avec des cordes bien sensibles. Ils voient en nous des consommateurs, des électeurs, des automobilistes, des contribuables, des chômeurs, des syndiqués, des sondés, des administrés, des statistiques ou pire encore : des « bons pères de famille »… rarement des personnes. Encore plus rarement des personnes à l’ouvrage de leur vie.


Une nouvelle année commence, une nouvelle décennie aussi. « Le bœuf est lent, mais la terre tourne » dit un proverbe chinois. Il nous suffit peut-être de trouver la bonne vitesse pour que la vie soit belle. Et pour que nos ouvrages accomplissent leur beauté.

Alexis Monjauze

lire l'article du Temps consacré à Lhasa

Publié dans Billet

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

lavie 11/01/2010 12:19


Réponse à ta question :Parce qu'ils sont atteints par la maladie propre  à ceux qui se confondent avec la place qu'ils tiennent dans la société:le serieux fige leurs pensées,la raideur gagne
leur corps,puis leur âme,ils deviennent leur propre statue et plus rien ne les fera descendre de leur socle...