Barrage de Poutès : CAP21 soutient le renouveau du Haut Allier et déplore la conduite irresponsable des trois parlementaires locaux.

Publié le par CAP 21 Auvergne

 

 

Le barrage de Poutès est un débat local et passionné qui dure depuis 10 ans en Haute Loire et au-delà. Le débat scientifique qui s’est tenu ces dernières années a abordé à peu près toutes les facettes du problème : production d’énergie renouvelable, impact sur la flore et sur la faune, classement européen en zone naturelle fragile, rentes de taxe professionnelle pour les communes limitrophes du barrage, risques de rupture et de raz-de-marée en cas de crue millénaire, enjeux du développement économique de la rivière et du patrimoine naturel remarquable du Haut Allier, risque sur l’effondrement de la biodiversité dans la rivière, solutions de remplacement par d’autres énergies propres…

 

CAP21 a lu les rapports, écouté les arguments des uns et des autres pendant trois ans puis s’en est remis aux conclusions des scientifiques : même s’il est vrai que Poutès n’est pas le seul point noir sur l’Allier, on ne peut plus repousser la reconquête et la restauration des rivières. Cette restauration des milieux aquatiques très âbimés est à présent une urgence. De plus, elle ne peut se faire qu’en commençant par l’amont pour se poursuivre ensuite au fil de l’eau jusqu’à l’océan.

 

Si le bilan général du barrage de Poutès s’avère globalement négatif tant d’un point de vue écologique qu’économique ou social, le passage de la situation actuelle très dégradée à une rivière restaurée et bien vivante ne consiste pas seulement à détruire un ouvrage d’Art. Il s’agit d’un projet plus large qui doit se donner des objectifs précis en matière de bon étatde l’eau, de sa faune et de sa flore, mais aussi en termes d’activités éconnomiques liées à la rivières, à son histoire et à son patrimoine. L’activité touristique, en particulier, doit pouvoir faire plus que l’actuel rente délivrée par Poutès à quelques communes.

 

Ce constat semble assez bien établi, il a reçu l’assentiment de plusieurs dizaines de milliers d’Altiligériens. Les deux sénateurs et le député de Haute-Loire remuent ciel et terre pour entraver ces changements porteurs d’espoir pour le Haut Allier.

Avec quelques amis élus des communes bénéficiaires de la rente versée par EDF, ils semblent croire que la barrage est encore la meilleure solution et que la mauvaise qualité des eaux, la disparition d’espèces végétales et animales ne saurait être arrêtée.

Face à ce défaitisme et à si peu d’imagination, CAP21 s’interroge sur la légitimité de l’action portée par nos députés et sénateurs de Haute Loire. Il semble que leur sens des responsabilités s’arrête là où commence les relations amicales. Il n’est ni concevable ni sain qu’un quarteron de personalités locales puissent porter atteinte ainsi à l’intérêt général ou celui des générations futures.

 

CAP21 renouvelle une fois encore sa demande à Jean Louis BORLOO : à partir de la disparition du barrage, imaginons etdéveloppons un projet durable pour le Haut Allier.

 

 

Alexis Monjauze, délégué Haute Loire

Publié dans l'EAU en Auvergne

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