Ecologistes : la politique faite par ses citoyens.

Publié le par CAP 21 Auvergne

J’ai écouté Cécile DUFLOT ce soir sur "Public Sénat" la télé où elle était l’invitée d’Hélène RISSER dans « Déshabillons-les ». C’est une personne à laquelle je peux m’identifer : elle ne vient pas du milieu de la politique, se présente sans tricher ni cacher ses propres émotions, ses contradictions. Elle a des convictions et s’implique en politique. Mais à côté elle a un travail (opératrice dans le logement social), contrairement à la plupart de nos chers élus.

 

J’ai aimé la réussite d’Europe Ecologie que Cécile DUFLOT a en grande partie porté, lors des élections européennes. Cette candidature incarnait un renouveau, une ouverture de l’écologie sur d’autres thèmes (corruption, fiscalité, l’éducation européenne…) J’ai aimé l’énergie de Daniel COHN BENDIT qui pourtant m’insupporte par d’autres côtés. Mais c’est quelqu’un qui a des convictions et des arguments forts, c’est indéniable.

 

J’ai aimé aussi la démarche de Corinne LEPAGE de tendre la main depuis de nombreuses années à toutes les autres sensibilités écologistes. J’ai aimé qu’elle ne soit pas une pro de la politique et du cumul des mandats, qu’elle ait un métier (avocate) et qu’elle dise qque pour faire un mouvement, elle s’en remet plus "aux personnes qu’aux idées".

 

Je savoure l’espoir que portent les jeunes générations quand ils nous inventent Google, Twitter, les blogs et les logiciels gratuits. Les échanges de musiques, de films, d’idées, de passions… Toute l’ouverture au monde que peuvent apporter Internet et consorts.

 

Je déteste ces parlementaires qui veulent contrôler internet, fliquer ce que le gens pensent ou écrivent, qui veulent rendre payant les outils de partage des connaissances et des arguments. Ils sont dans la pensée du château-fort, barricadés dans des idées étriquées.

Le monde aujourd’hui ne peut tenir que s’il est ouvert. Si les gens sont ouverts. La rétention d’information est la signature des dinosaures. L’ouverture et le partage sont des risques indispensables pour qu’une planète devenue malade trouve ses solutions et survive.

 

J’ai aimé cette idée que les élus ne sont pas des demi-dieux. Qu’ils n’ont pas droit à notre admiration ou à notre soumission parcequ'ils occupent une fonction. Seuls leurs actes peuvent nous émouvoir, peuvent être méritants.

Les  cohortes de trolls et de journalistes asservis, voilà qui m’inquiète et me dissuade d’acheter la presse locale régionale : on y trouve aucun travail d’enquête ou d’analyse. Plus besoin d’investigation pour les journalistes, ils font du copier-coller. Perdent leur âme. Deviennent les valets du pouvoir alors qu’ils prétendent être le 4ème pouvoir. En fait, comme les éllus, ils voient en Internet une concurence, voire une menace.

Quelles régles imaginer pour sortir la liberté de la presse de cette dérive ? Comment se fait-il qu’on trouve jusqu’à 10 ou 15 photos de Laurent WAUQUIEZ dans l’Eveil sur des jours de semaine où il n’est même pas au Puy ? Idem pour PRORIOL, BOYER, GOUTEYRON… Faut-il limiter à une photo par jour et par journal la présence de nos célébrités locales ? Devrait-on censurer leur langue de bois permanente?

 

J’ai aimé ces entreprises qui se développent dans leur terroir, par et avec leur terroir. Industrielles, agricoles, touristiques, tertiaires…. Elles ont misé sur l’économie verte. L’histoire et le temps commencent à leur donner raison.

Dans 15 ans, plus de la moitié de la croissance viendra des Eco-entreprises. Elle génèreront de l’économie et de l’emploi sans empoisonner les rivières ni les gens. Au contraire : leur impact sera positif sur l’environnement. Elles rendront des services d’intérêt général en plus de faire leur profit. J’aime les patrons qui savent faire fleurir leur boîte tout en assumant leurs responsabilités vis à vis des tiers.

 

J’aime l’idée que les éllus sont un peu comme les délégués de la classe : ils sont des élèves comme les autres et occupent pour un an une responsabilité supplémentaire.

Délégué de classe n’est pas un métier, c’est une fonction. Le métier c’est élève.

Elu n’est pas un métier, c’est une fonction. On l’occupe un mandat, deux au plus. Après, la loi doit interdire d’autres mandats et prévoir une aide pour la ré-insertion dans le monde du travail. J’aime l’idée d’une Europe, d'une France où tous les élus auraient un travail.

 

J’espère que les écologistes vont s’apercevoir qu’ils peuvent tout emporter dans les prochaines années : les élections, et surtout après, l’adhésion des gens, le respect des entreprises, l’implication des collectivités territoriales, la création de taxes nouvelles favorisant l’essor d’une civilisation bonne gestionnaire de son patrimoine naturel et culturel…

 

J’aime l’idée qu’en s’écoutant, les hommes deviennent plus grands. Et je pense que les plus aptes à cela, ce sont les écologistes. TOUS. Ceux de WAECHTER, ceux des Verts, ceux d’Europe Ecologie, ceux de Génération Ecologie, ceux de CAP21, de Terre Démocrate… Et aussi ceux qui n’ont pas encore quitté le PS, l’UMP, le MODEM, le Parti Radical…

C’est chez les écologistes qu’on trouve le plus de femmes. Des femmes de convictions, à l’image d’une Coline SERREAU, par exemple. Chez les écologistes aussi qu’on trouve le plus grand nombre de personnes responsables dans leur comportement et mode de vie personnel.

 

J’aime aussi me dire « arrête de rêver! Les écolos ne s’entendront jamais. » Non pas parce que ce serait plus vrai ou plus réaliste. Mais parce que ça me donne encore plus l’envie de prouver le contraire.

 

Alexis Monjauze

 

Publié dans Billet

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alexis monjauze 10/11/2009 13:50


Toutes ces réactions font plaisir... et indiquent que nous sommes nombreux concernés par le sujet.
Ce billet parle d'écologie autant que du statut de l'élu. Sur ce 2e point il semble que nous soyons tous d'accord.

Sur le premier, l'écologie, il y a cet argument que l'écologie n'est ni une politique ni un parti, que tous les partis devraient l'adopter, et qu'à côté il y a besoin de penser l'économique, le
social, la santé etc...

C'est un argument que j'entends depuis toujours. Et ce qui m'étonne, c'est qu'il soit toujours là. Car pour moi, écologiste convaincu, il est bien évident que l'écologie n'a pas vocation ou
ambition a remplacé une politique économique, sociale, militaire... Mais pourquoi alors tant de personnes les opposent justement? Pourquoi tant de gens continuent de penser qu'être écolo est
exclusif de tout autre constat sur les moeurs, la citoyenneté, l'activité économique?...

Non, l'écologie n'est pas exclusive. Elle est même au contraire inclusive : c'est vrai qu'elle peut imprégner l'action dans tous les domaines d'une politique. Et si un parti proposait une
politiuque réellement imprégnée d'écologie dans chacun de ses axes, chacune de ses actions, alors on pourrait dire que c'est un parti écolo.
Mais force est de constater qu'il n'existe pas de tel parti dans les formations historiques : PS, RPR-UMP, UDF-MODEM, PC et je ne parle même pas des autres... depuis 35 ans que l'écologie a fait
irruption dans le débat, aucune de ces grands dinosaures historiques n'a fait sa mue, aucun n'a passer au crible de l'environement ses préconistations, aucun n'a travaillé sérieusement sur le
sujet. Tout simplement parcequ'ils n'en saisissent pas toute l'importance. Pour eux, il ne 'sagit que d'une politique sectotrielle de plus.
Et voilà pourquoi il existe des partis qui se disent "écolos" : ils occupent un vide laissés par les autres, répondent à une demande non satisfaite.

Alors oui : il nous faut ces partis écolos. Et je crois que si les autres, les vieux partis, ne font pas leur mue en profondeur, ils risquent de prendre un gros coup de vieux, de tourner vers
l'obsolescence.

Amitiés à tous et toutes!

Alexis Monjauze


Vladimir Tilmant Tatischeff 10/11/2009 12:06


Je partage complètement l'analyse de Nicole Moissinac.

L'écologie doit apparaitre maintenant comme l'un des fondamentaux dans toute action politique mais elle ne pourra exclure les débats économiques ou sociaux.
La difficulté c'est de mettre en place quelque chose qui fonctionne vraiment. c'est là le véritable enjeux, maintenant que les constatations sont faites et partagées.

Pour ma part, mais j'espère me tromper, Cécile Duflot est encore une marionette qu'habilement Nicolas, notre marionetiste en chef, manipule.



DEBUIRE 06/11/2009 21:35


Quel plaisir de te lire, alexis.
Replacer l'élu à sa vraie place, celle que les citoyens ont bien voulu lui donner en lui confiant une mairie, un département une région ou le pays pour une durée courte et révocable en fin de
mandat devrait être la règle....malheureusement le clientélisme et ses dérives ont changer la donne.
attention, le réveil pourrait être brutal...
Merci alexis pour ton analyse, on se sent moins seul
serge


citoyen écolo 05/11/2009 19:06


Bravo pour ce texte. Je suis heureux d'avoir adhéré à Cap21 qui regroupe des militants réalistes, tolérants, et optimistes. Un jour l'écologie politique  unie et rassemblée triomphera, n'en
déplaise à certains grincheux.Amitiés à tous ceux qui liront ce message.


bruno landriot 05/11/2009 16:51


bonjour Alexis,
tu vois que je lis toujours tes articles et je me nourris de tes réflexions...
comme toi je pense que l'enjeu est de taille et qu'il faut s'entendre pour parvenir à un résultat qui soit bénéfique pour tous.
reste à savoir comment; je n'ai pas de solution miracle mais j'ai la volonté d'y arriver.
affaire à suivre...
à bientôt
amitié
Bruno Landriot