Elections régionales en Auvergne : les écologistes en ordre dispersé

Publié le par CAP 21 Auvergne

 

Mon premier billet à propos d’Europe Ecologie Auvergne a dépeint, sans nuances et dans l’humeur de la frustration, les péripéties qui ont conduit à l’échec : il n’y a pas de liste commune des écologistes en Auvergne pour ces élections régionales de 2010. Les Verts partent dans Europe Ecologie avec un transfuge en provenance du MEI. Le MEI et l'Alliance Ecologique partent avec le Mouvement Démocrate. Et nous, CAP21, restons sur la touche.


Pourtant, adhérents et amis de CAP21, nous souhaitions de toutes nos forces cette union. Nous l’avons votée. Et pas un seul vote contre. Nous espérions une liste verte et orange, c’est à dire qui pourrait unir des centristes et des écologistes.

Nous voulons que l’écologie s’affranchisse des autres partis. Que les différentes façons de l’approcher permettent de bâtir un projet complet. Qu’enfin elle porte et assume sa propre crédibilité au lieu de toujours vouloir se rattacher à la gauche. L’écologie n’est pas plus de gauche, tout le monde le sait bien.


A travers nos échanges j’ai découvert que ce rêve est partagé par beaucoup d’autres écologistes. Aussi bien chez les Verts, Europe Ecologie, Génération Ecologie qu’au MEI, beaucoup aimeraient travailler ensemble sans le carcan des partis, sans le dictat des lignes nationales ou locales.

C’est ce qui me laisse le plus déçu mais aussi le plus optimiste : comment se fait-il qu’à la ville nous nous connaissions, nous nous apprécions et partagions une réelle amitié politique… alors qu’à la scène nous soyons incapables de nous réunir ?


Les consignes nationales expliquent en parti cet échec, notamment concernant la France en Action ou le Mouvement Démocrate. Mais il y a aussi les baronnies locales : quelques écologistes historiques chez les Verts font barrage et privilégient clairement leur mandat au détriment du rassemblement et du projet.


L’autre bilan de ces discussions entre écolos porte sur le contenu : nous avons peu parlé de projet, de propositions, de politiques régionales dans les domaines des transports, de la formation, de l’économie ou des lycées. Nous avons beaucoup parlé de stratégie, d’alliances, de liste… Et les seuls avec lesquels nous n’ayons eu aucun échange officiel ce sont les Verts. Ils nous ont rencontré à couvert et dans des relations de personnes.  Leur offre d’union consiste à faire venir deux ou trois personnes de CAP21 en leur demandant de se déclarer sans étiquettes voir de quitter le mouvement. On croirait de l’ouverture à la Sarkozy.


Peut-être que CAP21 Auvergne est dans une impasse puisqu’il n’y aura pas de candidat CAP21 aux élections régionales. Mais le sort de notre petit mouvement a peu d’importance. Celui du rassemblement écolo par contre, c’est autre chose. Et là encore, le pari des Verts de jouer sans les autres mouvances écologistes semble risqué : l’écologie n’entrera pas en politique en surfant sur le vide laissé par les autres partis. Il faudra qu’elle propose une vraie alternative.


Il faut nous poser la question : existe-t-il un parti écologiste qui puisse porter un projet global, couvrant tous les domaines de la politique ?

Non... ou pas encore si l’on veut être plus optimiste.


Nous y avons cru et pensons toujours qu’il y a là un espace de travail pertinent et porteur, et même un boulevard est-on tenté de dire lorsqu’on analyse la faiblesse des idées des autres grandes formations politiques.


En Auvergne, et dans la plupart des régions semble-t-il, nous allons donc perdre encore quelques mois ou quelques années avant que les écolos ne se rencontrent, se parlent, s’unissent, deviennent des grands garçons et des grandes filles, capables de formuler un projet d’avenir. Les régionales de 2014 verront peut-être arriver ce moment.


Alexis Monjauze, délégué CAP21 Haute Loire

 

Publié dans Régionales 2010

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