Incinérateur à Clermont Ferrand: nous devons tous nous mobiliser.

Publié le par CAP 21 Auvergne

Le 5 mai 2009, une décision du tribunal administratif de Clermont Ferrand annulait l'arrêté du préfet Dominique Schmitt du 30 juillet 2008 refusant l'autorisation de construction et d'exploitation d'un incinérateur sur le site de Beaulieu. Le préfet Schmitt n'a pas jugé utile de faire appel de cette décision, passée relativement inaperçue auprès de l'opinion publique.

Quand on interroge les habitants du Puy de Dôme, nombreux sont ceux qui pensent que le projet d'incinérateur est mort et enterré.
Mais, le préfet Schmitt, avant de quitter l'Auvergne, a signé un arrêté autorisant la société VERNEA « à exploiter un incinérateur d'ordures ménagères d'une capacité de 150 000 tonnes ».

Les anti-incinérateurs, dont Clermont Communauté, ont déposé un recours au tribunal administratif de Clermont Ferrand. Malheureusement la lenteur actuelle du processus judiciaire ne permet pas d'envisager une solution – et un jugement- avant la fin des travaux.... Cette saga politico-judiciaire permet donc à certains politiciens de se cacher derrière la lenteur administrative, tout en se dédouanant pendant que les élus du VALTOM (le syndicat mixte chargé de mettre en place la politique locale de traitement des déchets), eux, se réjouissent.

Cela fait 13 ans que les élus du VALTOM s’ingénient à vouloir créer un incinérateur, pour éviter la création de CET, centres d'enfouissement technique, dans nos campagnes. Mais si dans les années 90, ce choix binaire pouvait s'expliquer, faute de solutions techniques, il n'en est pas de même aujourd'hui.
Les mentalités ont aussi beaucoup évolué et nous sommes de plus en plus nombreux à appliquer sans contrainte et avec conviction les protocoles de recyclage, ce qui a permis en une dizaine d'année une diminution considérable de la masse globale de déchets.

Il existe donc, en 2010, une alternative à l'enfouissement ou l'incinération. Cela passe par la mise en place d'un véritable programme de valorisation des déchets, développant une nouvelle économie créatrice d'emplois, non délocalisables.
Par le tri, la valorisation des déchets organiques et le soutien de filières industrielles utilisant les déchets comme matières premières, et la lutte contre le suremballage, notre production de déchets ultimes peut être divisée par trois ou quatre dans un laps de temps relativement court.
Exemple de l'alsace, ou le principe de pesée embarquée a été mis en oeuvre, avec des résultats spectaculaires. (cf lien Manspach/Dany Dietman)

Le tri sélectif en porte à porte fonctionne de mieux en mieux : depuis la mise en place par Clermont Communauté de la troisième poubelle, la production d'ordures ménagères du Puy de dôme est passé sous le seuil annuel de 140 000 tonnes. Si le VALTOM suivait l'exemple de Clermont Communauté en appliquant ce système dans les communes rurales du département, nous pourrions rapidement passer sous la barre des 100 000 tonnes de déchets annuels.

La capacité envisagée de l'incinérateur de 150 000 tonnes de déchets à traiter par an se verrait alors inutilisée, « obligeant » les gestionnaires à importer des déchets (il est déjà question du bassin stéphanois et surtout du Puy, ou M Wauquiez a fait abandonner le projet de CET) pour les incinérer à Clermont afin d'amortir le coût énorme de cette installation!!!

Pour quelles raisons, les élus du VALTOM préfèrent laisser partir en fumée des matières recyclables créatrices de filières éco-industrielles et d’emplois en Auvergne ?
Pourquoi s’entêtent-ils alors que tout le monde s’accorde à dire (pas seulement les écologistes) que les matières premières vont devenir rares et chères et que notre région manque d’emplois ?

En plus, le coût du projet d’incinérateur est indécent :
Il coûterait 260 millions d’euros alors que le pôle de valorisation Ophrys (projet alternatif à l’incinérateur porté par Clermont Communauté) est estimé à 120 millions d’euros.
Nos élus ne sont pas à 140 millions d’euros près alors que les caisses de l’Etat sont vides.
Avec ces 140 millions d’euros, nous pouvons verser les 20 millions d’euros de dommages- intérêts à VERNEA, les 2,5 millions d’euros d’études archéologiques (qui serviront toujours pour tout autre projet industriel non polluant) et il nous reste encore la modique somme de 117,5 millions d’euros.

117,5 millions d’euros, c’est l’équivalent de 16 rames de TER supplémentaires (sur deux étages s’il vous plaît) ?
Qu’est-ce qu’on pourrait bien faire avec 117,5 millions d’euros ?
Combien de subventions aux particuliers pour des travaux d’isolation , de rénovation d'habitat aux normes HQE, de mise en place de chauffage solaire, développement pilote du tri sélectif, création de compostières...

Mais au-delà de ces jeux politiciens évidents, d’un choix industriel sans retombées économiques positives pour notre région et du gaspillage de l’argent public, se joue une question sanitaire plus grave en cette période de prolifération exponentielle des cancers en France :
Faut-il encore un peu plus polluer nos terres cultivables et l’air que nous respirons ?

•    Les fumées dégagées par l’incinérateur pollueront incontestablement l’atmosphère. Malgré les filtres, elles seront toujours chargées en dioxines, furanes, métaux lourds, acides et autres poussières hautement toxiques, responsables de cancers des tissus mous (cerveau, foie, organes digestifs...) et de perturbations du fonctionnement de la thyroïde, des glandes surrénales et sexuelles
•    Les déchets ultimes après incinération, les REFIOM's (Résidus d'épuration des Fumées d'Incinération des Ordures Ménagères) seront stockés en CET de classe I après avoir été vitrifiés ou coulés dans du béton car extrêmement toxiques.
Le Puy de Dôme ne possède pas de tels CET, ces REFIOM's seront donc exportés à coté de Dijon et le prix pour les traiter est de 800 euros/ tonne + le prix du transport.
•    Les mâchefers sont-ils vraiment sans dangers ?

Magali GOTHON et Laurent ROHR

 

A quelques mois des élections cantonales, seul le sursaut citoyen peut changer la donne.
Réveillons-nous. Soyons tous contre l’incinérateur
 

 

Fais passer le message à ton voisin, ta collègue, tes amis
Rendez-vous samedi 16 octobre à 14H devant le Conseil Général du Puy de Dôme

 

 

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Marc KANDAOUROFF 26/09/2010 15:35



D'après d'autres sources, le coût de construction de l'incinérateur projeté à Clermont ferrand serait de 360 M€ contre 230 M € pour le projet Ophys. Il serait bon de publier les chiffres exacts à
ce sujet.


Merci