Indécence ? Vous avez dit indécence ?

Publié le par Alexis Monjauze

Japon, mars 2011.

Enorme tremblement de terre, tsunami gigantesque. Et puis catastrophes technologiques : raffineries en feu, barrage hydraulique qui lâche, centrales nucléaires au bord de l’irréparable. Cocktail de calamités. Les risques technologiques démultiplient la force des risques naturels.

Devant la possibilité d’une telle horreur, les autres pays qui marchent au nucléaire s’interrogent. Les autorités américaines, allemandes, suisses ont fait part de leurs questions, si ce n’est de leurs doutes. Toutes font faire de nouveaux contrôles sur leurs centrales. En plus, l’Allemagne raccourcit la durée de vie des centrales, la Grande Bretagne envisage l’abandon de projets d’EPR français sur son sol.

Plusieurs grandes ONG devaient porter secours aux japonais sans abri, sans travail, sans nourriture… Elles annulent leurs secours, car il leur est impossible d’envoyer des volontaires dans des zones où ils seraient à irradiés. Les japonais martyrisés par la nature et la technologie risquent, en plus, de se trouver coupés du monde, sans personne pour venir les aider. Martyrisés et pestiférés.

En France, pendant ce temps, nous sommes bercés par le chant des ministres. Enchainant les conférences de presse, M BESSON et Mme KOSCIUSKO-MORIZET nous expliquent que l’accident n’est pas si grave, on maitrise les risques, il n’y aura pas de nouveau Tchernobyl…. Puis hier, en cœur avec leur président SARKOZY, ils ajoutent que « ces problèmes ne seraient pas survenus avec nos centrales françaises, car ce sont les plus solides au monde »… et que de toute façon, il n’est pas question d’avoir un débat sur l'énergie nucléaire en France…

Hier soir, Anne LAUVERGEON, la patrone d’AREVA, indiquait sur France 2 que « l’accident des centrales japonaises montre bien qu’il ne faut pas construire des centrales « Low Cost » et que, si les nôtres sont plus chères, c’est parce qu’elles sont d’une qualité et d’une sécurité bien supérieure aux centrales américaines »…

Dans le camp des amis du nucléaire, on est indignés que des questions puissent être posées, que le nucléaire puisse être remise en cause. Interroger les autorités, demander un débat public que ces questions, ce serait donc « indécent », « lamentable », « indigne »… et enfin ce ne serait  « pas le moment ». Les japonais eux le font, mais nous, ce n'est pas le moment.

Par contre, promouvoir nos centrales françaises, rappeller partout sur les ondes la haute qualité nucléaire française, se répandre en compliments sur notre savoir faire, nos ingénieurs, et si possible empocher quelques contrats, cela est tout à fait correct. Même au milieu du chaos japonais, un Président de la République peut continuer à communiquer, à proséliter, à vendre. Ce n’est pas indécent… ben oui quoi! Où est le mal?

Comme le disait très bien M. BESSON hier, « je rappelle à ceux qui réclament un débat sur le nucléaire qu’ils auront en 2012 la possibilité d’exprimer leur soutien aux candidats qui défendent cette idée tandis que d’autres pourront soutenir les candidats pro nucléaire, et nous verrons bien ».

Message reçu 5 sur 5 M. BESSON. Et au passage, je note que vous êtes sur la même longueur d’onde que votre ancienne candidate, Mme ROYAL, et M. HAMON porte parole du PS…

Quand on vous dit que droite et gauche, ils sont tous p...areils !

Alexis MONJAUZE

Publié dans Billet

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