L'autre 11 septembre...

Publié le par CAP 21 Auvergne

Le 11 Septembre 1973, disparaissait dans les flammes du palais de la Monéda, le Président chilien SALVADOR ALLENDE. Ainsi s’achevait la vie du premier dirigeant révolutionnaire au monde qui tenta une révolution socialiste dans la légalité. Fidel Castro, lors d’une visite officielle au Chili en 1971 avait prédit cette fin tragique : « Ce que tu fais est beau et unique dans l’histoire, Companero, mais tu finiras contre un mur ! ». Allende lui avait répondu : « Companero, seule la démocratie conduira au socialisme ».

 

En cette période de guerre froide peu propice aux expériences politiques innovantes-surtout lorsqu’elles étaient socialistes au Sud et libérales à l’Est-, tous les ennemis de la Révolution chilienne se liguèrent contre le gouvernement socialiste de l’Union Populaire (qui rassemblait des socialistes, des communistes et des démocrates chrétiens), depuis la CIA à Washington, jusqu’au syndicat des camionneurs chiliens, vendu à l’extrême droite militaire et aux services secrets américains de Nixon.

 

La vie de Salvador Allende, est celle d’une campagne électorale qui dura cinquante ans. Salvador Allende au fonds, n’était pourtant pas marxiste ; ou alors il l’était à la manière de Léon Blum en France. Il connaissait très bien les œuvres de Marx et de Lénine et avait un moment admiré Mao, mais c’est dans la Révolution Française que Salvador Allende puisa ses inspirations politiques les plus fondamentales. Il voulait concilier la Liberté et l’Egalité, mais en privilégiant l’Egalité, car il considérait la Liberté en elle même comme un privilège de classe, alors que l’Egalité représentait pour lui le plus haut principe pour instaurer « il socialismo ». Finalement, comme l’a récemment déclaré sur la chaîne française Arte, l’ancien maire communiste de Valparaiso, le socialisme d’Allende était plutôt une sorte de pensée libertaire héritée de son premier et seul véritable Maître idéologique, un cordonnier anarchiste rencontré à l’adolescence… En cela, le « socialisme chilien » ne représentait pas un gros risque pour l’équilibre géopolitique du monde de l’époque. Il aurait suffi que les américains en acceptassent l’existence, pour que le réformiste Allende finisse par solliciter l’aide américaine. Et tout serait rentré dans l’ordre. C’est parce que les éléments ultra-conservateurs US ont poussé Allende à la faute, que ce dernier a fini par les traiter dans ses discours « d’ennemi public N°1 » de son pays. Certes, ce n’était pas très adroit…

 

Allende est resté très populaire en Amérique latine, tout comme son Frente Popular ; c’est le Simon Bolivar des illusions perdues. Mais il est également considéré parce qu’il est aussi celui qui réalisa véritablement le programme électoral pour lequel il avait été élu : Nationalisation des banques et des grandes entreprises, redistribution des terres aux paysans (« los campesinos ! »), non-alignement, etc….

 

Salvador ! En ce 11 Septembre 2010, les gars du Pot de Terre te rendent un hommage solennel, dans cette ville de Saint-Pourçain, dont tu ne connaissais même pas l’existence, mais que tu aurais tout de suite adopté, parce que tu étais tout simplement un citoyen du monde.

 

Et notre petite publication fait à nouveau retentir la dernière phrase que tu as prononcé dans ton palais présidentiel, alors que les hommes de Pinochet risquaient de te capturer.

 

Après avoir dit adieu par la radio au peuple chilien et l’avoir assuré que ton sacrifice ne serait pas vain, tu as ajouté « et merde ! Allende ne se rend pas ! » ; puis tu as appuyé sur la gâchette de ta mitraillette que tu tenais coincée entre tes jambes, canon sous la gorge.

 

Un geste authentique et radical qui aurait ému aux larmes un Gérard de Nerval ou un Lord Byron. Tu reposes aux côtés des héros du peuple dont la gloire est immortelle !

 

VENCEREMOS !

 

Le Chat Botté.

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La chaussure féline 14/09/2010 06:33



ET bien voilà une histoire intéressante et agréable à lire...


Mais qui a rédigé? Depuis quand les billets sont aninymes sur le blog CAP21?