Le "printemps arabe" implique-t-il que l'occident apprenne le partage ?

Publié le par Pascal Challet

Passionnant ce qui se passe au Maghreb, en Afrique du nord.

Passionnant de voir les peuples se révolter : la Tunisie, l'Egypte et maintenant la Lybie, le Yémen, le Bahreïn dont on ne connaissait même pas l'existence… qui sera le suivant ?

A certains moments de l'histoire, l'impossible devient l’inéluctable. Comme la dissolution de l'Union Soviétique juste avant sa chute, les transformations qui balaient le Moyen-Orient étaient pour la plupart inimaginables il y a seulement un mois. Mais le pouvoir du peuple possède sa propre logique et sa propre chronologie. Alors que beaucoup d'entre nous ne poseront peut-être jamais les pieds au Moyen-Orient, les espoirs de ces peuples sont imbriqués aux nôtres et à ceux du monde entier. En de pareils moments, c'est un sentiment exaltant de savoir que notre solidarité peut jouer un petit rôle dans ce gigantesque changement.

Les peuples peuvent aussi compter sur leurs armées qui n'obéissent pas aveuglément au pouvoir, les armées sont là pour protéger le peuple. Bien sur elles n'aiment pas le désordre. Gageons qu'elles aideront à réussir les transitions entre dictatures et vraies démocraties.

Après avoir été sous le joug du colonialisme, puis sous celui des dictateurs pendant plus de  50 ans, ils se révoltent enfin. Les citoyens libyens et ceux de tous ces pays  se font abattre parce qu'ils demandent la liberté, l'accès à la santé, à l'éducation et  un salaire décent -- autant de besoins fondamentaux que nous partageons tous..

Ces révoltes, ces révolutions seront beaucoup plus importantes que celles de la chute du bloc communiste en 1989. Je forme l'espoir que tous ces peuples après avoir été brimés sous le joug du colonialisme et par la suite par celui des dictateurs ne se verront pas voler leur révolution par de nouveaux despotes ou des islamismes intégristes.

Les changements se feront vite sentir à nous européens, habitant notre grande Europe où nous nous sommes gavés pendant deux ou trois siècles de leur matières premières, de leur main d'œuvre, soit en direct par les colonies, soit en s'alliant avec leurs despotes pour piller leur richesse. N'est il pas normal qu'ils veulent leur part du gâteau, n'ont  ils pas assez donné sans recevoir. Nous devrions nous serrer un peu plus la ceinture, mettre notre mouchoir sur notre influence,  sur notre amour propre de donneur de leçons, car notre grande AURA se décrédibilise de jours en jours. Ils veulent participer au partage de leur richesse, confisquées  jusqu'à maintenant par les grandes entreprises occidentales et quelques privilégiés appartenant au clan des despotes.

La démocratie dans ces pays ne pourra amener que le développement économique. L’initiative économique ne sera plus brimée mais au contraire encouragée. Car les citoyens de ces pays ont faim de tout, bien sur satisfaire leur besoins primaires vitaux, mais aussi de toutes les libertés.

Et nous, nous ne pouvons faire que profil bas sans aucune prétention et apprendre  à moins consommer, et mieux consommer. D'ailleurs nous n'avons plus le choix, que d'observer la chute de notre pouvoir d'achat inéluctable pour le partage du gâteau avec les citoyens du monde entier.

Nos élites dans leurs tours d'Ivoire nous ont démontré combien elles étaient déconnecté de la réalité (voyage de nos ministres, Ambassadeur de France en Tunisie) mesdames et messieurs revenez un peu sur terre, revenez parmi votre  peuple; Car vous risquez de vous trouvez sur la touche sans n'avoir rien compris.

Pascal CHALLET

Publié dans Billet

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Alexis 04/03/2011 10:16



C'est précisément maintenant qu'on comprend pourquoi les européens soutenaient toutes ces dictatures : main mise sur le pétrole pas cher en premier, des restes de paternalisme plus ou mois liés à
l'esprit colon... Mais je découvre aujourd'hui que ces dictatures retenaient aussi les populations dans leurs frontières. Ben oui! Finallement, c'était pourtant évident. On avait bien la même
situation avec le bloc de l'Est!


Ces populations libérées, libres, où vont-elles aller maintenant et pour faire quoi ?


On peut à présent entrevoir des scénarios qui paraissaient impossible ou presque hier : déferlement de nouveaux immigrés sur l'Europe, durcissement des polices aux frontières, scènes de bataille
pour empévher les pauvres d'entrer dans les pays riches... Des trucs de dingues!


Et celà révèle au grand jour l'absence totale de fraternité dans notre politique africaine et moyenne orientale : à aucun moment les pays riches n'ont cherché et apporté les moyens à ces pays
d'êtres autonomes pour leur nourriture et leur logement. Nous avons même fait expressement le contraire : ces pays là importent aujourd'hui nos produits courants (vêtements, nourriture, petit
matériel, véhicules...) Tout en prélevant leurs richesses naturelles pour rien nous avons fait naître et croître leur dépendance à notre encontre... Comment s'étonner dès lors qu'ils aient les
mêmes rêves que nous et rêvent de venir vivre ici?


Au fond, l'attitude de l'occident vis à vis du Moyen Orient, du monde arabe et de l'Afrique en général a déjà eu pour conséquence des grandes catastrophes commes les famines et les épidémies.
Mais elles se passaient là-bas, chez eux.


Cette attitude de l'oociddent pourrait demain être l'origine de cataclysmes nouveaux ici, chez nous, comme des invasions, des pénuries, des troubles de l'ordre et de la sécurité un peu partout en
Europe....