pourquoi les écologistes m’énervent au plus haut point ? parcequ’ils vont encore échouer en 2012 ...

Publié le par CAP 21 Auvergne

 

 

Les écologistes ne sont pas encore prêts à gouverner

Après 8 ans d’engagement politique à CAP21, 8 ans passés avec eux, toutes tendances et tous mouvements confondus, c’est un constat triste et angoissant : je crois bien que les écolos ne sont pas prêts à gouverner.

 

Opposants et pas proposants

Ils ont grandi en apprenant à s’opposer aux pollutions, aux gaspillages, au consumérisme, au nucléaire… Pour autant, ils n’ont pas développé de vision économique. Ils répugnent même souvent à l’économie verte. S’il faut bien admettre qu’arracher les plants OGM est le seul moyen de se faire entendre lorsque les élus font passer notre santé loin derrière leur obéissance aux lobbys industriels… cela ne dispense pas de proposer, imaginer, décrire, chiffrer, tester ce qui peut être fait autrement. Il faudra un projet affirmatif, positif dans sa construction d’un monde autre. Et là, les écolos sont loin du compte.

 

Chipoteurs sur les détails et laxistes sur la globalité

Ils ont tendance à couper les cheveux en 4, à se focaliser sur les détails quittes à en perdre une vision d’ensemble, quittes à perdre en cohérence. L’exemple type en est l’incrimination de Hulot qui ne serait pas un vrai écolo parce qu’il se déplace en hélicoptère… Idem pour Yann Arthus Bertrand. On pourrait tout à fait valoriser l’impact positif de leur action : prise de conscience du public, évolution vers des comportements plus responsables. Mais je n’ai pas encore entendu quelqu’un qui aurait fait l'étude et le bilan des impacts positifs et négatifs de l'action d'Hulot ou Arthus-Bertrand

 

Ils ne sont pas sortis des jupes du « droite / gauche »

Les électeurs écolos (actuels mais surtout potentiels) sont des gens avant tout orphelins : ils n'ont pas de représentants. S’il faut les répartir selon le non-clivage « droite / gauche », c’est en gros 1/3 plutôt à droite et 2/3 plus à gauche. Unir les forces de sensibilité écologiste, c’est réconcilier leur droite et leur gauche. Mais plus encore : tirer avantage, en pleine conscience, de ces différences… s’appuyer sur cette diversité et sur leur capacité d’écoute pour former une œuvre politique originale.

Mais… pour beaucoup de personnes chez EELV, l’intolérance à tout ce qui n’est pas « de gauche » les rend infirmes. Cet autisme laisse songeur, eux qui sont si facilement dans la bien-pensance. L’écologie dite de gauche est une prison pour l’ouverture d’esprit.

Pour le tiers des écolos plus centristes ou à droite, l’arrimage d’EELV au parti Socialiste est un crève-cœur, et c'est rédhibitoire : ils ne voteront jamais pour eux. Non pas qu'ils considèrent que l’écologie soit forcément de droite, mais plutôt qu’ils se refuseront à voter pour des écolos supplétifs de socialistes…

 

Au rayon des chefs : grand choix de seconds couteaux et de cheftons

Enfin, il y a les egos, chez les écolos comme chez les autres. Les batailles de personnes, les querelles de « ma part de gloire» ou de « moi d’abord », les coups de coudes pour se mettre dans la lumière, les compromis foireux avec les amis industriels ou socialistes, le microcosme parisiano - médiatique… il y a vraiment des jours où je me suis demandé « mais qu’est ce que je fous avec des gens comme ça ? »

 

Apprendre à communiquer

Une idée très répandue énonce que « l’écologie ça ne devrait pas être un parti politique, car ce n’est pas de droite ou de gauche, ça, l’écologie, voyez !?"

Cet adage qui me semblait sage est peut-être en grande partie inexact et anachronique : il sous-entend que tout parti est forcément ou de droite ou de gauche. Ainsi, toute politique devrait se placer quelque part entre cette droite et cette gauche qui s’opposent dans une guerre stérile, inintéressante et surfaite depuis 40 ans… Hors de cette mascarade, point de salut!

Cet adage populaire ajoute souvent «  et l’écologie, comment ça pourrait parler de politique étrangère, de défense, d’accident de la route, d’éducation nationale ? Ca n’a pas de rapport ! »…

Et si justement ! En suivant les principes d’une écologie mondiale, beaucoup de propositions de changements ont été faites dans ces domaines. Les écolos doivent justement montrer comment leur vision peut renouveller et remodeler complètement ce monde, ce monde agonisant dont nos élus et nos pères sont si fiers…

 

Les implications de l’écologie dans la santé publique, l’industrie, l’économie, l’éducation, n’ont pas été bien ou suffisament développées et expliquées. Les écologistes perdent beaucoup d’énergie dans de faux débats ou dans des débats de moindre importance. Pendant longtemps ils ont eu un discours culpablisant ou catastrophiste.

 

Exprimer une écologie à la fois critique et positive, dégivrante et gaie, puissante et saine, sans recours à l’Oxymore ni à l’Angélisme... voilà le champ de conquête pour nos imaginations. Où chercher? Du côté du terrain, certainement pas du côté du parisianisme.

 

 

2012 : encore trop tôt pour les écologistes ?

Face aux vieux experts inconsistants du PS et irresponsable de l’UMP, à ces personnes qui se prennent très au sérieux alors qu'ils nous ont conduit là où nous sommes, qui n'ont rien vu venir, qui n'anticipent toujours pas davantage... face à leur budget et leur armée de communicants qui n’ont RIEN à proposer, il faut chercher ardement les nouvelles figures, les nouveaux mouvements, les nouvelles formes de conquête et d'exercice du poouvoir pour demain. Pour 2012 et pour les années qui arrivent.

Aujourd'hui, le Modem a disparu. EELV surfe sur la vague des mécontents… mais semble se contenter de son rôle de supplétif du PS…


Il faudra d’abord que les écologistes soient majeurs s’ils veulent devenir majoritaires.

 

 

Alexis Monjauze

Publié dans Billet

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Alexis 24/11/2011 17:55


bonsoir Bruno


Tu deviens philosophe je trouve... Je connais ton parcours et je comrends ta déception : Nroloo est une bonne personne et moi aussi j'aurais aimé le voir tailler des croupières aux UMP et autres
Sarkophiles vaniteux... Mais il n'a pas osé...


C'est vrai que les "pros" de la politique sont très décevants. Comme toi je fais ce constat. Et je trouve que c'est aussi notre responsabilité si on leur confie des mandats. Ils sont trop imbus
d'eux mêmes, motivés par leur carrière et trop coupés des réalités pour qu'on leur laisse les mandats.


Etre élu devrait être une activité de deux mandats maximum pour out un chacun, soit 12 ans au plus.


Les citoyens doivent prendre conscience de leur pouvoir : entre le boycott, l'abstention ils disposent d'armes fatales!... S'ils les exercent solidairement, c'est tout le problème

landriot 22/11/2011 09:59


bonjour Alexis,


je te retrouve...avec grand plaisir!


bonne analyse et néanmoins on se retouve au pied du mur.


moi aussi je me sens un peu orphelin car je croyais à l'initiative de Borloo..., mais avec le temps on prend un peu de recul et je me contente d'être spectateur.


je pense qu'en terme d'idée forte actuellement l'écologie n'est plus au 1er plan et que la vague portée par Hulot, le Grenelle puis la démarche de Conbendit avec Europe Ecologie n'est plus
d'actualité pour le quotidien des électeurs et que les Verts, malgré leur main mise sur EE, vont se ramasser bon-bon...


à suivre


amitié


bruno