Réforme des retraites, le point de vue de Pascal Challet

Publié le par CAP 21 Auvergne

Quand je vois des files de voitures devant les stations services, je me dis  cette fois on est devenu fous, ou pire il n'y a plus aucune solidarité. Chacun veut son plein d'essence et ses bidons bien remplis, pourquoi ? Pour aller  à la chasse, amener les enfants au foot, faire les courses, aller voir ses amis. Et tant pis si les professions de la santé, de la sécurité, du social ne peuvent plus rouler, si certains perdent leur emploi précaire car ils n'ont pas pu se rendre au travail. Cela ne m'étonnerait pas que dans le journaux nous lisions des titres suivants "Mort pour quelques litres de gasoil" .

Toute cette psychose de la pénurie parce qu’on réforme les retraites, parce qu’on défend les privilèges de ceux qui vont en bénéficier dans quelques années, ou de ceux qui y sont déjà. Ces derniers ne manifestent pas, ils n’ont plus besoin d’être solidaires. Ils sont passés « à temps », c’est à dire avant que la fête soit finie. Ils sont en train de se promener en croisière de luxe quelque part dans le pacifique, ou alors ils roulent en convoi en formant des bouchons sur les routes d’Europe dans leur camping-car (écologique, bien sur) Une génération qui s’est tout accaparé, qui a bouffé toutes les richesses sans laisser quelques miettes aux plus jeunes. Pour la première fois depuis plus d’un sicle, les générations de demain seront plus pauvres que les générations d’aujourd’hui. Ca n’empèche pas celles qui arrivent  à la retraite de tout faire pour continuer le festin.

Par leur opposition, tous les partis de gauche et les syndicats se donnent bonne conscience. Ils prétendent agir pour l’emploi des jeunes, mais c’est pour eux même qu’ils réclament une fiscalité plus juste sur les profits des actionnaires et sur les hauts revenus.

Là, je les rejoins, évidement il faut réformer totalement notre fiscalité, il est anormal que le travail soit autant taxé et les revenus du capital et du financier le soient si peu. Lorsque un salarié touche un 1 euro, son employeur  débourse presque 2 euros.

Une nouvelle réforme de la fiscalité sur les profits, les bonus, les supers profits des banques juste après l'assistanat de l'Etat, sur les transactions financières, la taxe Carbonne, la taxe sur les emballages, la taxe sociale, sur les résidents  français  à l'étranger (comme le font les américains) qui reviennent bien vite se faire soigner en France,  devraient venir alléger les charges , les taxes sur le travail et baisser le rapport de 1 sur 2 à 1 sur 1,5. Car en France si il y a des profits, il ya  aussi du travail dans les services à la personne, qui ne sont pas valorisés à leur juste valeur, dans l'économie verte, le recyclage etc..

Tous les bénéfices de cette nouvelle fiscalité devraient aller aux jeunes, aux séniors en leur retrouvant du travail pour que chacun puisse se payer une retraite par répartition. Et non en assistant une nouvelle fois les vieux par une nouvelle fiscalité.

La réforme des retraites, comme toutes les réformes Sarkoziennes, est bâclée. Elle pourrait aller plus loin sur l'âge de la retraite, mais avec des aménagements pour les dernières années, par exemple en favorisant le temps partiel dans les dernières années de vie professionnelle, mais en comptabilisant comme des années pleines de cotisations. Les entreprises perdent des mémoires, des savoir-faire  du jour au lendemain sans passage de témoin de tutorat envers les plus jeunes. Elle pourrait aussi  en favorisant  les épargne temps pour les plus jeunes.

Mon coté utopiste, optimiste, me fait croire que ces manifestation sont le signe du ras le bol. Ras-le-bol de cette politique qui comme une voiture folle se précipite contre le mur tandis que le chauffeur regarde ailleurs. Les injustices sont de plus criantes.

D'un autre coté je me demande si l'égoïsme n'est pas devenu le symbole de notre société. Réformer oui,  mais si les réformes touchent aux privilèges des autres et surtout pas aux miens ! Penser  à soi et ne surtout pas penser aux générations futures qui vont payer pout tout ça.

Pascal Challet


Publié dans Billet

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Alexandre 02/11/2010 20:42



Je n'ai jamais dit qu'il ne fallait plus lutter ni nié que parfois c'est la rue qui décidait.


Je n'ai simplement pas aimé cet appel au référendum alors que ceux qui ont organisé cet appel voyait le mouvement leur échapper...


Et puis affirmer que les méthodes du gouvernement étaient synonyme de nier la démocratie me semble tout à fait faux.


Alors, si vous estimez qu'il faut lutter pour vos idées luttez.


Mais je ne crois pas qu'aujourd'hui le référendum soit adapté à cette réforme qui ne me convient pas non plus.


Je ne suis pas non plus favorable aux méthodes et au projet de ce gouvernement en place et accepter qu'il agisse en toute légitimité ne m'apparaît pas pouvoir être comparé à Pétain. Nous ne
sommes pas à la même époque et le contexte est radicalement différent...



Claude Aubry 01/11/2010 22:00



H la la, merci pour cette leçon de civisme à quatre sous...


En préalable


- "NOUS" n'avons pas élu le gouvernement, le premier ministre est choisi par le Président et n'entre en fonction qu'après validation de la majorité des députés que noius avons choisi.


-je ne résoudrai jamais à cette expression "nous (les français) digne de la droite réactionnaire qui pratique l'exclusion,aussi je considère que cette expression malheureuse ne reflète
pas votre pensée.


Reste l'essentiel..


Respect des règles démocratiques ne veut pas dire résignation et il est légitime que des pétitions soit organisées.


Ainsi NOUS (militants de CAP21 et d'autres organisions) avons orginisé une pétition sous forme de votation contre le changement de statut de la poste, sommes-nous des démagogues voire
des populistes...?


Très grave l'argumentation qu'il faille accepter les conséquences d'un vote, ainsi P. Pétain est venu au pouvoir suite à un vote de la majorité des députés, lesquels ont été
élus démocratiquement par la moitié des français (n'oublions pas que les femmes étaient exclues du droit de vote ...)


NOUS militants de CAP21, avons nous le droit de ne rester sourds face à l'injustice criante de notre système de retraite en particulier et de notre protection sociale en
général....?


Avons nous le droit de nous taire et attendre 2012?


NON, NON, ET CENT FOIS NON !!!


 


A nous de résister contre le rouleau compresseur du politiquement correct...


A titre d'exemple, voici le texte que j'ai milité avec un panneau aux marchés de ma ville lors du dernier we sur lequel était écrit après l'accord tacite de celui qui au cours de nos élections
internes a conduit la liste qui a remporté l'adhésion de la majorité d'entre nous:


        RETRAITES 


-  affirmer que les pensions de retraite soient des salaires différés est un mensonge destiné à justifier les écarts sur le montant des prestations,


- la production marchande d'un retraité est nulle et celui-ci dépend de la solidarité intergénérationnelle, qui doit pas être non pas à la charge des seuls travailleurs, mais
à la charge de l'ensemble de la nation.


-imposer deux ans de travail en plus pour garantir les grosses retraites est


     PARTICULIEREMENT INJUSTE


 


    NON AUX RETRAITES DE MISERE


nous devons envisager


 LA MEME RETRAITE POUR TOUS


Pour une nouvelle approche philosophique de la protection sociale...


      www.cap21.net


 


Le droit est évolutif et obéit au rapport des forces, et ce, le plus souvent en dehors des urnes 


Cordialement


Claude Aubry               



Alexandre 31/10/2010 19:00



Maintenant que le texte est adopté, je dois dire que cette réforme me laisse un goût amer.


Amer parce que comme toi, cette réforme "sarkozienne" à un goût d'inachevé ou, en tout cas, de pas aboutie. On aurait pu, on aurait du mettre toutes les cartes sur la table et rebattre le jeu
complètement.


Amer parce que je vois la démagogie pour ne pas dire le populisme, des partis dits de gauche. A titre d'exemple, je viens de recevoir par  mail une invitation (incitation?) à signer une
pétition qui disait :


"Pour que le peuple décide !


Le 12 octobre, plus de trois millions et demi de nos concitoyens étaient dans la rue pour dire « non » à une réforme des retraites qui promet de frapper durement les salariés, et en
premier lieu les femmes et les ouvriers. Cette réforme, injuste et cynique, n’a fait l’objet d’aucune négociation véritable avec les organisations syndicales. Elle est imposée par un homme seul,
qui coûte que coûte, applique une commande du Medef, au mépris de la mobilisation populaire, au mépris de la représentation nationale, privée de tout débat digne de ce nom, et au mépris de son
propre engagement électoral à ne pas toucher à l’âge de la retraite. A l’inverse, il veut revenir sur une réforme adoptée par le peuple à la faveur de la victoire de la gauche en 1981. C’est
ainsi, sans la moindre considération pour les règles les plus élémentaires de la démocratie, que Nicolas Sarkozy veut imposer à notre pays une régression sociale sans précédent depuis la
Libération.


Face à ce déni de justice et de démocratie, face à ce coup de force politique, et alors même que sept confédérations syndicales ont souligné le 9 septembre que « le vote de ce
projet n’est plus d’actualité », les soussignés se prononcent en vertu de l’article 11 de la Constitution, pour l’arrêt immédiat de la procédure d’adoption de ce projet de loi et la
convocation d’un référendum sur celui-ci. Ils entendent ainsi contraindre le président de la République à ouvrir un débat qu’il n’a cessé d’entraver, et favoriser son appropriation citoyenne en
vue d’un choix de société éclairé et transparent. Ils en appellent, dans le même mouvement, à la poursuite de la mobilisation populaire, le 16 octobre et après."


Moi je pense que :


NOUS avons voté pour ce Président.


NOUS avons voté pour ce Gouvernement.


Il a donc l'entière légitimité d'agir conformément aux règles de notre DEMOCRATIE même si personnellement je n'ai voté ni pour sarko ni pour l'UMP.


Je respecte les règles de notre Démocratie et en accepte les conséquences même si je ne partage pas les choix et orientations que nous prenons. La prochaine fois, NOUS (les Français) ferons
(peut-être) un autre choix?!


Et puis, v'là maintenant qu'on nous parle de faire un grand débat sur la société que nous voulons pour demain. Je pensais, naïvement, que 2012 servirait à ça... Visiblement, je n'ai toujours rien
compris!



Claude Aubry 27/10/2010 21:08



Oui il faut faire baisser les charges sociales comme l'indique le pacte social de notre parti, nous sommes à l'opposé du projet d'Europe écologie voulant augmenter (modérément...!?) les
charges.


Oui il faut avoir le courage politique de dénoncer le fait que l'argent des cotisants aille en priorité dans la poche des anciens cadres.


Oui il faut affirmer que la valeur productive marchande d'un retraité, qu'il soit ancien cadre, ancien manoeuvre (ou ancien rien du tout) est nulle et que les pensions de retraites sont le
fruit de la solidarité nationale intergénérationnelle, et contrairement aux salaires rien ne justifie une hiérarchie dans le montant de celles-ci.


Oui il faut tordre le cou au leurre de notion de salaire différés si chère aux syndicats et partis de gauche et que l'on nous inculte à longureur de journée.


Claude AUBRY militant CAP21


Un détail, le rapport de 1 à 2 entre le cout salarial et le versement au salarié est un peu surévalué, il se situe plutôt de 1 à 1,87  ce qui ne change rien à la réflexion par
ailleurs.