RTE, Nos toits sans fils … Tensions électriques sur le territoire de Loire & Semène…

Publié le par CAP 21 Auvergne


En avril 2009, la société Réseau de transport d'électricité (RTE), filiale d’EDF, annonçait son projet de renforcer la ligne électrique Le Puy/Yssingeaux/Saint-Etienne afin de doubler sa capacité.


Cette ligne de 225 000 volts a été construite en 1941 pour transporter l’énergie hydraulique produite au sud du Massif Central (notamment le barrage de Poutès) vers les industries stéphanoises. La croissance urbaine de notre département, le développement économique du Puy-en-Velay et de l’Yssingelais, la relative vétusté du réseau, les risques liés aux risques climatiques et le développement des énergies renouvelables ont incité RTE à envisager son renforcement.

Le projet de RTE envisage deux solutions :

  1. Construire une nouvelle ligne indépendante et rénover la ligne existante.

  2. Remplacer la ligne actuelle par une nouvelle ligne double en lieu et place de celle existante.


Pour finaliser l’étude du projet, la démarche proposée par RTE a pour objet d’élaborer avec tous les acteurs (élus, services de l’Etat, représentants socioprofessionnels, habitants, exploitants agricoles…) la solution pour leur territoire à l’horizon 2015. Si tout avance bien, le début des travaux interviendra en 2014 sans que les collectivités locales n'aient à verser un centime.

Bien que les incidences sur la santé ne soient pas encore totalement affirmées scientifiquement, certaines maladies graves (leucémie infantile par exemple) semblent être directement liées aux champs magnétiques induits par les lignes à haute tension dans la bande des 200 mètres (dite de nuisance) de part et d'autre de la ligne. C’est pourquoi, certains riverains s’inquiètent de ces travaux. En effet, sur les communes de Saint-Just-Malmont, Saint-Didier-en-Velay et La Séauve-sur-Semène (qui représentent 80% de la population impactée par le tracé), cette ligne survole quelque 650 résidences soit près de deux mille habitants.

La ligne ayant été installée dans un espace quasiment vierge de toute construction en 1941, nous nous interrogeons sur les raisons qui ont poussé les habitants actuels à s’y installer et, surtout, qui ont incité les trois collectivités concernées à autoriser la construction de ces zones. Les indemnités versées par RTE aux communes auraient-elles dues être assimilées à une simple compensation de la perte de valeur du foncier concerné ou à un dédommagement du risque sanitaire lié à ces ouvrages ?

Bien que la méthode participative proposée par RTE pour informer et concerter la population nous paraisse intéressante, nous nous demandons si une étude d’impact économique, financière, sociale et environnementale précise a été réalisée afin de justifier le choix retenu.

Il est évident qu’une solution « enfouissement total » (comme le font régulièrement les Etats-Unis et le Canada notamment) aurait un réel intérêt sur le plan environnemental et sociétal. Cependant, nous sommes conscients que la réalité économique d’un tel projet serait difficile à mettre en œuvre.

Cela devrait conduire RTE à envisager une solution mixte qui permettrait d’enfouir et protéger le réseau uniquement dans les zones à forte densité d’habitation. Un moyen de répondre aux attentes des habitants tout en limitant l’impact économique.

Alexandre FALQ & Gilles LIEGE

Cap21 Haute-Loire


NB : RTE est une entreprise de service public qui gère, exploite, entretient et développe le réseau de transport d'électricité français depuis qu'EDF n'a plus en charge ces missions : http://www.developpement-durable.gouv.fr/energie/electric/rte.htm



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