Mercredi 20 septembre 2006
J'ai découvert il y a quelques mois le blog de Nicole MOISSINAC (élue PR du conseil municipal d'AURILLAC). En la lisant, j'ai appris à la connaître : j'apprécie la franchise de sa plume et sa vision de la politique...
Nous avons échangé plusieurs commentaires récents sur son blog à la suite d'un de ses articles intitulé "la théorie et la pratique"... Cette discussion écrite, sans rapport avec l'article qui précède, fait ressortir le manque de notoriété de Corinne LEPAGE et de CAP21 auprès de Madame MOISSINAC.
Cette lettre amicale cherche à mieux expliquer qui nous sommes, qui est Corinne LEPAGE et ce que propose CAP21.
Chère Nicole,J'observe que je vous connais mieux (ainsi que le PR) que vous ne semblez connaître Corinne LEPAGE ou CAP21... peut-être est-ce l'histoire locale de notre relation qui, maintenant, commence à marcher dans les deux sens (M. Jean Noël DELORME ayant été la passerelle évidente et "confortable" de cet échange de vues.)Permettez moi deux précisions :- CAP21 et les verts ont bien sûr des points communs, lesquels sont en principe un intérêt prioritaire pour les questions environementales. Nous sommes aussi en désaccord avec certains Verts lorsqu'ils préconisent la décroissance, l'arrêt immédiat du nucléaire, la culpabilisation de modes de vie jugés "impurs" etc... Ceci est trop sectaire, et surtout contre-productif pour la "cause" écologique : ils font fuir les électeurs, ne suscitent pas le désir de changer, retardant ainsi l'énorme mutation économique que nous devons entreprendre.
Voilà pourquoi il y a deux candidates (Dominique VOYNET et Corinne LEPAGE) et non une seule. CAP21 accepte l'économie de marché comme règle de base. Il s'agit selon nous d'aménager des règles, incitations ou interdictions permettant de tenir compte, dans notre économie (PIB, taux de croissance etc...) de l'état de notre patrimoine (ressources naturelles et santé humaine) et de sa valeur actualisée annuellement.- Ensuite, il faut bien constater que TOUS les partis qui ont été aux affaires sans exception tiennent un double langage sur l'environnement : ils en parlent beaucoup car cela répond à des attentes mais ils n'entreprennent pas grand chose. Les résultats sont faibles ou inexistants, quand ils ne sont contre-productifs... Aussi l'argument connu "l'écologie n'est pas un parti" se heurte-t-il au constat qu'aucun parti existant n'en fait (de l'écologie). Dès lors que personne n'agit pour l'environnement, comment peut-il exister une politique environnementale ?Comment faire? Devinez...Et bien : suivre une autre voie qui mettrait l'environnement au coeur du projet de société, comme le fait CAP21... Un pont entre ces deux pôles et un troisième appelé à devenir le premier.L'analyse est (très) grossièrement la suivante : - l'économie et l'entreprise sont portées par la droite,
- la solidarité et la justice par la gauche
(votre parti, le PR, semble rechercher une position d'équilibre entre ces deux pôles)Ces deux forces ont jusqu'ici prospéré conjointement grâce et au détriment d'une troisième : les ressources naturelles. Mais aujourd'hui ces ressources s'épuisent ou sont atteintes dans leur intégrité (eau, air, sols...)Les deux forces historiques n'ont pas eu intérêt à reconnaître (jusqu'ici) ni intégrer la troisième composante : la prise en compte de l'environnement créé des contraintes alors même qu'il n'est représenté ni par des syndicats, ni par des investisseurs ou des entrepreneurs....
Selon nous, la valeur de cette troisième force va devenir le moteur d'une croissance et d'une économie nouvelles... Viables sur le plan planétaire, de la santé publique et des générations futures.
Qui aujourd'hui, à droite ou à gauche, veut parier sur ce chemin là se trouve sur la même voie que nous.Sans doute faudra-t-il que nous soyons arrivés à un point gravissime de dégradation de nos ressources pour qu'on mette en marche cette mutation.
A écouter les politiques se disputer sur des débats d'un autre âge, il faut croire que nous n'avons pas encore assez abimés notre jardin.
La question prioritaire n'est pas "plus de répression", "moins d'impôts", "plus de loisirs, plus de droits... Non. tout cela est secondaire.La question est la mutation économique, comptable et fiscale.
La nouvelle économie environementale : 1 million d'emplois en France en 10 ans. C'est ce que nous apprend le livre-débat ECORESP, travail d'une centaine de chefs d'entreprise avec CAP21...
Nous serons d'autant plus préservés et sereins demain que nous aurons pris tôt le sens de cet enjeu.
J'espère que celles et ceux qui ne comprennent pas cela auront un jour la lucidité de se dire "j'arrête la politique et qu'un plus jeune reprenne le flambeau"... Ils rendraient service à la génération qui héritera de leur bagage.
voir blog de Nicole MOISSINAC
Par Alexis Monjauze
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