Citoyenneté
Action
Participation pour le
21e siècle
CAP21 est un parti associé du Mouvement
Démocrate

déléguée Auvergne
Puy de Dôme Nord
Magali GOTHON
délégué Haute-Loire (Le Puy)
Nous avons perdu aujourd’hui 4 janvier une chanteuse rare, Lhasa de
Sela. Mexicano-américaine, elle faisait danser sa voix rauque et sensuelle en espagnol, en français, en anglais. Elle a eu le temps de composer trois albums en 12 ans de carrière. Elle nous a
fait vibrer et le fait encore ce soir quand nous l’écoutons.
La beauté n’a pas d’âge. Pour parler à notre âme, elle nous transperce. Elle brise nos carapaces. La beauté est
bonne.
Aujourd’hui naît certainement quelque part une personne qui deviendra ce genre d’artiste. Il y en aura toujours ; nous ne pourrions nous passer d’eux ni eux de nous. Plus il y a de carapaces, plus il y a des artistes pour nous transpercer. Pour ne pas devenir des crocodiles. Pour attendrir la peau. Pour consoler le monde.
Pourquoi les hommes et les femmes engagées en politique escamotent-ils systématiquement l’art et la beauté de leurs propos ? Nous avons pourtant tous un cœur et une âme... mais savons nous nous en servir ?…
Les « gouvernants » (politiques, technocrates, journalistes…) oublient eux aussi que nous sommes des sujets, avec des cordes bien sensibles. Ils voient en nous des consommateurs, des électeurs, des automobilistes, des contribuables, des chômeurs, des syndiqués, des sondés, des administrés, des statistiques ou pire encore : des « bons pères de famille »… rarement des personnes. Encore plus rarement des personnes à l’ouvrage de leur vie.
J’ai écouté Cécile DUFLOT ce soir sur "Public Sénat" la télé où elle était l’invitée d’Hélène RISSER dans « Déshabillons-les ». C’est une personne à laquelle je peux m’identifer : elle ne vient pas du milieu de la politique, se présente sans tricher ni cacher ses propres émotions, ses contradictions. Elle a des convictions et s’implique en politique. Mais à côté elle a un travail (opératrice dans le logement social), contrairement à la plupart de nos chers élus.
J’ai aimé la réussite d’Europe Ecologie que Cécile DUFLOT a en grande partie porté, lors des élections européennes. Cette candidature incarnait un renouveau, une ouverture de l’écologie sur d’autres thèmes (corruption, fiscalité, l’éducation européenne…) J’ai aimé l’énergie de Daniel COHN BENDIT qui pourtant m’insupporte par d’autres côtés. Mais c’est quelqu’un qui a des convictions et des arguments forts, c’est indéniable.
J’ai aimé aussi la démarche de Corinne LEPAGE de tendre la main depuis de nombreuses années à toutes les autres sensibilités écologistes. J’ai aimé qu’elle ne soit pas une pro de la politique et du cumul des mandats, qu’elle ait un métier (avocate) et qu’elle dise qque pour faire un mouvement, elle s’en remet plus "aux personnes qu’aux idées".
Je savoure l’espoir que portent les jeunes générations quand ils nous inventent Google, Twitter, les blogs et les logiciels gratuits. Les échanges de musiques, de films, d’idées, de passions… Toute l’ouverture au monde que peuvent apporter Internet et consorts.
Je déteste ces parlementaires qui veulent contrôler internet, fliquer ce que le gens pensent ou écrivent, qui veulent
rendre payant les outils de partage des connaissances et des arguments. Ils sont dans la pensée du château-fort, barricadés dans des idées étriquées.
Le monde aujourd’hui ne peut tenir que s’il est ouvert. Si les gens sont ouverts. La rétention d’information est la signature des dinosaures. L’ouverture et le partage sont des risques indispensables pour qu’une planète devenue malade trouve ses solutions et survive.
J’ai aimé cette idée que les élus ne sont pas des demi-dieux. Qu’ils n’ont pas droit à notre admiration ou à notre
soumission parcequ'ils occupent une fonction. Seuls leurs actes peuvent nous émouvoir, peuvent être méritants.
Les cohortes de trolls et de journalistes asservis, voilà qui m’inquiète et me dissuade d’acheter la presse locale régionale : on y trouve aucun travail d’enquête ou d’analyse. Plus besoin d’investigation pour les journalistes, ils font du copier-coller. Perdent leur âme. Deviennent les valets du pouvoir alors qu’ils prétendent être le 4ème pouvoir. En fait, comme les éllus, ils voient en Internet une concurence, voire une menace.
Quelles régles imaginer pour sortir la liberté de la presse de cette dérive ? Comment se fait-il qu’on trouve jusqu’à 10 ou 15 photos de Laurent WAUQUIEZ dans l’Eveil sur des jours de semaine où il n’est même pas au Puy ? Idem pour PRORIOL, BOYER, GOUTEYRON… Faut-il limiter à une photo par jour et par journal la présence de nos célébrités locales ? Devrait-on censurer leur langue de bois permanente?
J’ai aimé ces entreprises qui se développent dans leur terroir, par et avec leur terroir. Industrielles, agricoles,
touristiques, tertiaires…. Elles ont misé sur l’économie verte. L’histoire et le temps commencent à leur donner raison.
Dans 15 ans, plus de la moitié de la croissance viendra des Eco-entreprises. Elle génèreront de l’économie et de l’emploi sans empoisonner les rivières ni les gens. Au contraire : leur impact sera positif sur l’environnement. Elles rendront des services d’intérêt général en plus de faire leur profit. J’aime les patrons qui savent faire fleurir leur boîte tout en assumant leurs responsabilités vis à vis des tiers.
J’aime l’idée que les éllus sont un peu comme les délégués de la classe : ils sont des élèves comme les autres et
occupent pour un an une responsabilité supplémentaire.
Délégué de classe n’est pas un métier, c’est une fonction. Le métier c’est élève.
Elu n’est pas un métier, c’est une fonction. On l’occupe un mandat, deux au plus. Après, la loi doit interdire d’autres mandats et prévoir une aide pour la ré-insertion dans le monde du travail. J’aime l’idée d’une Europe, d'une France où tous les élus auraient un travail.
J’espère que les écologistes vont s’apercevoir qu’ils peuvent tout emporter dans les prochaines années : les élections, et surtout après, l’adhésion des gens, le respect des entreprises, l’implication des collectivités territoriales, la création de taxes nouvelles favorisant l’essor d’une civilisation bonne gestionnaire de son patrimoine naturel et culturel…
J’aime l’idée qu’en s’écoutant, les hommes deviennent plus grands. Et je pense que les plus aptes à cela, ce sont les
écologistes. TOUS. Ceux de WAECHTER, ceux des Verts, ceux d’Europe Ecologie, ceux de Génération Ecologie, ceux de CAP21, de Terre Démocrate… Et aussi ceux qui n’ont pas encore quitté le PS,
l’UMP, le MODEM, le Parti Radical…
C’est chez les écologistes qu’on trouve le plus de femmes. Des femmes de convictions, à l’image d’une Coline SERREAU, par exemple. Chez les écologistes aussi qu’on trouve le plus grand nombre de personnes responsables dans leur comportement et mode de vie personnel.
J’aime aussi me dire « arrête de rêver! Les écolos ne s’entendront jamais. » Non pas parce que ce serait plus vrai ou plus réaliste. Mais parce que ça me donne encore plus l’envie de prouver le contraire.
Alexis Monjauze
Ce mardi 27 octobre 2009, en parcourant la Montagne, je me suis d’abord réjoui de l’annonce de la candidature d’une liste Europe Ecologie réunissant des Verts et des membres d’association ou de la société civile comme Christian BOUCHARDIS. Car, à ce jour, les candidats annoncés ne me font pas rêver aussi bien René Souchon, qu’Alain Marleix, qui feraient mieux, tous les deux, de passer la main et de couler une retraite paisible dans leur beau Cantal. Le renouvellement politique, ils ne doivent pas connaître...
Par contre, mon sang n’a fait qu’un tour sur le slogan de cette future liste contre les emplois industriels et le tout consommation. Le tout consommation, je comprends et j’adhère mais contre l’emploi industriel alors là, je reste baba.
Allez expliquer aux employés de l’industrie du bassin d’Yssingeaux ou de Thiers que les futurs conseillers régionaux sont contre leurs emplois, je ne comprends pas. Quand vous êtes CONTRE le développement du secteur secondaire en Auvergne (qui est à plus de 40 % dans nos petites entreprises locales), par conséquent, vous êtes POUR l’emploi industriel en Asie où sont exploités adultes et enfants.
Alors qu’au contraire, je suis certain que l’on doit soutenir, accompagner et orienter les PME industrielles auvergnates vers le développement durable. Il s'agit d'aider nos petites entreprises à être de plus en plus respectueuses de l’Environnement : par la maitrise des déchets, en favorisant les filières courtes, en mettant en valeur leur savoir-faire, en mettant en place des politiques managériales qui respectent et valorisent tous les employés.
Après réflexion, je pense que le journaliste a peut-être mal interprété les propos lors de la conférence de presse, du moins je l’espère de tout cœur, autrement je ne me vois pas soutenir cette liste qui me paraissait un espoir dans le marasme politique auvergnat.
Pascal CHALLET
Devenir grain de
sable
Moi, le contrôleur du métro,
quand je contrôle une personne au faciès et la dénonce,
Moi, l’employé de mairie,
quand je soupçonne un couple de fraude parce que l’un des deux est étranger,
Moi, l'agent derrière mon guichet,
quand j’appelle la police parce qu’une personne se présente sans carte de séjour,
Moi, le médecin,
quand je refuse des soins à une personne parce qu'elle est sans papiers,
Qu'est-ce que je fais ? Qu'est-ce que je laisse faire ?
Moi, l’agent de préfecture,
quand je refuse une carte de séjour à une femme de 65 ans, en France depuis 15 ans, qui sera expulsée,
Moi, le policier,
quand j'arrête un homme et le fais enfermer dans un centre de rétention sans le laisser prévenir sa femme et ses enfants,
Moi, l’agent consulaire,
quand je refuse la délivrance d’un visa de court séjour à une mère qui veut rendre visite à sa fille, en situation régulière,
Moi, le commandant de bord,
quand j’accepte dans mon avion un homme qu'on attache pour l’expulser,
Qu'est-ce que je fais ? Qu'est-ce que je laisse faire ?
Moi, le procureur de la République,
quand je lance une enquête pour empêcher une française d’épouser l'étranger sans papiers qu’elle aime,
Moi, le juge,
quand je dis que mon devoir est d’appliquer la loi, en éludant la question de sa légitimité,
Moi, le responsable politique,
quand je vante le "bon" chiffre des expulsions, oubliant que ce "résultat" cache des hommes, des femmes et des enfants,
Moi, le croyant,
quand je ne dis rien ou ne fais rien pour défendre l'étranger, mon frère, car ce serait "faire de la politique",
Qu'est-ce que je fais ? Qu'est-ce que je laisse faire ?
Moi, le citoyen,
quand je ne veux pas voir ce qui se fait en mon nom,
Alors… Je refuse la Liberté. Je refuse l'Égalité. Je refuse la Fraternité.
Alors, comme être humain,
je prends conscience que tout ceci blesse à chaque fois : une personne, la société, moi-même.
NON, je ne peux pas laisser faire !
Et si je devenais grain de sable
?
Devenir grain de sable, c'est :
Par Alexis Monjauze
C’est la « crise » entend-on à longueur de journées, de bavardages médiatiques, de ragots de comptoirs, de papotages sexagénaires dans les rayons des supermarchés. La « crise » à toute les sauces : dans l’industrie, la finance, le tourisme, les comptes publics, le personnel politique, le climat, l’énergie, les matières premières, l’eau…
La « crise » dans toutes les bouches : celles de mon facteur, de ma voisine, de ma maman, de Corinne, du président truc, du comité machin…
Autant de consensus, c’est forcément suspect. Les grands consensus ont parfois fait de grands malheurs : le consensus d’après-guerre a généré la construction de banlieues inhumaines, le consensus de 68 a généré la gabegie consumériste, le consensus du peuple allemand des années 20 a généré le 3e Reich…
Aujourd’hui, le matraquage assommant sur la « crise » correspond-il à un consensus ? Si oui, quel risque nous fait-il courir ? Que nous empèche-t-il de voir ? Que pourrait-il générer de fâcheux ?
Et si on se trompait de diagnostic (ou de guerre comme disent les anciens) ? Une « crise » c’est une poussée de boutons soudaine, violente : on se soigne et après, tout revient dans l’ordre.
Et si cette fois ça ne pouvait plus rentrer dans l’ordre ? Si c’était la fin d’une période historique ? La fin d’un système et le début d’un autre ?
Et si étrangement les repères d’hier ne revenaient pas ? Et si nous ne savions pas dans quelle ère nous entrions tout en étant certains que nous sommes déjà plus dans la précédente ? Et si nous ne pouvions pas encore percevoir l’ordre qui suivra la fin des bourses et de l’hyper-consumérisme ?
« Que faire après l’orgie ? » demandait Jean Baudrillard… Faute de pouvoir répondre, nous nous inventons peut-être quelque chimère, que nous nommons « crise » mais sert en fait à cacher notre ignorance, notre désemparement.
Face à l’ignorance, notre culture préfère se tourner vers celui qui a quelque chose à dire, fût-ce n’importe quoi, plutôt que vers celui qui se tait, regarde et attend…
Ce n’est pas une crise. Mais une mutation.
On ne veut plus de bagnoles signes extérieures de richesse, de l’alimentation chimique et cancérigène à prix toujours plus bas, d’un l’environnement transformé en dépotoir à merde, d’un avenir piétinié par les besoins des baby-boomers égoïstes, de la culpabilité morbide du Nord qui pompe le Sud, être tributaire d’une carte bleue pour exister, de la télé pour discuter…
C’est à nous maintenant, les moins de 40 ans, de nous saisir du monde, du micro et du pouvoir pour dire ce que nous voulons : des gens qui vivent ensemble et qui se parlent, des cadres pour les parents et grands-parents qui veulent consacrer du temps aux enfants, de l’entraide entre les gens du quartier, du temps pour s’arrêter et regarder, un travail pour s’accomplir et s’affirmer, de l’argent pour vivre et préparer l’avenir, des animaux d’élevage qui vivent décemment et sans souffrance, des fruits sans chimie et des abeilles en nombre pour fertiliser, des industries écologiques, des entreprises partenaires du droit à l’information et à la santé, des pouvoirs pour l’intiative citoyenne et pour les recours collectifs (class action), des référendums réguliers sur les sujets qui engagent le pays / la région ou l’intercommunalité sur plus d’une génération, des séjours à l’étranger obligatoires dans le cursus scolaire ou universitaires, des campagnes de soutien et de désintoxication à la télé, la fin de l’endettement public, la fin du passage à l’heure d’été et du pain blanc pas assez cuit, la lecture des comptes et légendes locales dans les jardins publics en juillet et août, de l’eau baignable dans toutes nos rivières…
Oubliez la crise, acceptez ce « chaos pré-renaissance », devenez les premiers mutants dans l’histoire.
Créons, imaginons, innovons.
Si vous avez déjà traversé le fleuve, que vous vous trouvez de l’autre côté… si vous êtes déjà un mutant, racontez-nous ce que vous voyez ! Ecrivez nous, décrivez-nous comment s’organise la vie dans cette nouvelle société…

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